Dans cette audition le mathématicien-philosophe invité soutient que l’IA générative est à la fois un tournant et la continuation d’une longue dynamique technique. Après les outils prolongeant le corps puis la machine ayant marginalisé le rôle du corps dans la production, l’IA tend, selon lui, à passer du statut d’auxiliaire de la pensée à celui de puissance autonome. Le risque majeur est une « involution » : l’humain délègue des tâches qu’il pourrait accomplir, et ses facultés s’atrophient. Il cite Aragon : « Le progrès réside moins dans l’habileté du robot que dans la démission de celui qui s’en sert ».