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DeepSeek

DeepSeek
Description de l'image DeepSeek logo.svg.
Informations
Créateur Liang Wenfeng
Première version
Dernière version
État du projet Développement actif
Type Start-up
Entreprise technologique (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Politique de distribution Freemium
Site web https://www.deepseek.com/

DeepSeek[a] (chinois simplifié : 深度求索 ; pinyin : Shēndù Qiúsuǒ ; litt. « Rechercher profondément ») est une société chinoise d'intelligence artificielle connue pour développer un agent conversationnel du même nom, DeepSeek (en), qui exploite un grand modèle de langage. Établie à Hangzhou, la société est fondée et soutenue par le fonds spéculatif chinois High-Flyer (en).

Début 2025, DeepSeek dévoile un agent conversationnel publié en open source sous licence MIT. Ce modèle, aux performances qui seraient comparables, voire supérieures, à celles des leaders américains, se démarque par son faible coût de développement et sa consommation réduite de ressources. La publication entraîne une réaction notable des marchés financiers. Les cours de plusieurs entreprises américaines, notamment ceux du leader mondial des puces graphiques utilisées dans l'intelligence artificielle Nvidia, enregistrent une forte baisse. Peu après, la société lance le modèle Janus-Pro-7B, qui génère des images à partir de prompt textuel, produit qui pourrait concurrencer DALL-E 3 d’OpenAI et Stable Diffusion.

Historique

Création et premiers modèles (2023-2024)

En , High-Flyer, fonds spéculatif basé à Hangzhou et employant un modèle d'intelligence artificielle pour le trading à haute fréquence[1], annonce par l'intermédiaire de son fondateur Liang Wenfeng lancer une entreprise indépendante spécialisée dans l'intelligence artificielle baptisée DeepSeek, pour développer et commercialiser une intelligence artificielle générale utilisant un grand modèle de langage développé par la firme[2].

En , DeepSeek lance son premier modèle, baptisé DeepSeek Coder et spécialisé dans la génération et la compréhension de codes sources[3].

Le de la même année, DeepSeek lance son premier agent conversationnel employant un grand modèle de langage unique baptisé DeepSeek LLM (à 67 milliards de paramètres, gratuit et open source[4]).

Le , DeepSeek sort DeepSeek-V2, comportant cette fois 236 milliards de paramètres, et pouvant activer jusqu'à 21 milliards de paramètres à chaque jeton utilisé[5]. Le mois suivant sort la deuxième version de DeepSeek Coder baptisée DeepSeek-Coder-V2[6].

En , DeepSeek sort DeepSeek-V3, qui remplace la version précédente et se veut une alternative chinoise aux autres modèles de langage disponibles en ligne[7],[8]. 256 grappes ("clusters") comprenant chacune 8 cartes graphiques H800 soit un total de 2048 cartes graphiques durant 5000 heures sont nécessaires pour la partie apprentissage fin supervisé et l'apprentissage par renforcement de DeepSeek-V3 soit au total un équivalent de 2.79 millions d'heures en carte graphique en utilisant des optimisations. Cependant des doutes subsistent concernant le fait qu'un nombre si faible de grappes ait été utilisé[9]. Après entrainement, il a été déployé aussi sur des grappes H800. Les cartes H800 d'une grappe sont connectées par interconnexion directe NVLink, et les grappes sont connectées par InfiniBand[10].

Percée mondiale (2025)

Le , l'entreprise annonce son premier modèle de raisonnement, DeepSeek-R1, qui emploie une chaîne de raisonnement développant des étapes logiques successives aux requêtes[11],[12],[13]. Le modèle, publié avec son code source sous licence MIT, bouleverse le secteur de l'IA par un coût de développement significativement moins élevé que ses concurrents pour des performances comparables aux meilleurs acteurs du secteur (bien que plus lent)[14], et une consommation en ressources de calcul notablement inférieure[15]. Face à la rentabilité présumée de la technologie, le cours de la bourse de plusieurs géants du domaine, (dont celui de Nvidia, le fournisseur de processeurs GPU, qui perd 600 milliards de dollars)[16], chute massivement[17],[18].

Modèles

Versions majeures Date de sortie Variantes principales Remarques
DeepSeek Coder 2 novembre 2023 Base (préentraîné) ; Instruct (avec fine-tuning par instructions) L'architecture est essentiellement la même que Llama.
DeepSeek-LLM 29 novembre 2023 Base ;

Chat

DeepSeek-MoE 9 janvier 2024 Base ;

Chat

Utilise une variante de l'architecture mixture of experts (MoE).
DeepSeek-Math Avril 2024 Base Initialisé avec DS-Coder-Base-v1.5
Instruct
RL (Reinforcement Learning, ce qui signifie apprentissage par renforcement) Implémente Group Relative Policy Optimization (GRPO), une variante de Proximal Policy Optimization (PPO).
DeepSeek V2 Mai 2024 DeepSeek-V2, DeepSeek-V2-Chat

DeepSeek-V2-Lite, DeepSeek-V2-Lite-Chat DeepSeek-Coder-V2 DeepSeek-V2.5

Intègre l'attention latente multi-têtes (MLA) et le système mixture of experts (MoE).
DeepSeek V3 Décembre 2024 DeepSeek-V3-Base

DeepSeek-V3 (un modèle de chat)

L'architecture est essentiellement la même que V2.
DeepSeek R1 20 novembre 2024 DeepSeek-R1-Lite-Preview Accessible uniquement via API et une interface de chat.
20 janvier 2025 DeepSeek-R1

DeepSeek-R1-Zero

Initialisé à partir de DeepSeek-V3-Base et partageant l'architecture V3.
Modèles distillés Initialisés à partir d'autres modèles, tels que Llama, Qwen, etc. Distillés à partir de données synthétisées par R1 et R1-Zero.
DeepSeek V4[19] 24 avril 2026 DeepSeek-V4-Flash Mélange d'expert (MoE) de 284 milliards de paramètres (13 milliards actifs), fenêtre de contexte à 1 million de paramètres. Promu pour la génération de masse.
DeepSeek-V4-Pro Mélange d'expert (MoE) de 1600 milliards de paramètres (49 milliards actifs), fenêtre de contexte à 1 million de paramètres. Promu pour les usages où la précision compte plus que la vitesse.

Début 2025, la sortie du modèle DeepSeek-R1 a marqué un tournant dans l'industrie de l'IA par son efficacité de calcul. Contrairement aux modèles propriétaires coûteux, R1 a démontré des capacités de raisonnement (logic) comparables à OpenAI o1 pour un coût d'entraînement estimé à moins de 6 millions de dollars, provoquant une onde de choc sur les marchés financiers des semi-conducteurs[20].


Critiques

Sous-estimation des coûts

Le budget annoncé de 5,57 millions de dollars, spécifiquement alloué à un seul cycle d'apprentissage de DeepSeek V3, exclurait d'autres dépenses significatives telles que les salaires du personnel, les coûts liés au traitement des données, ainsi que ceux associés à la conception et à l'architecture du système[21].

En outre, l'entraînement du modèle DeepSeek nécessiterait environ 2 048 cartes graphiques Nvidia H800, une version bridée du H100 développé par la même société et destinée à l'exportation en Chine. Avant les restrictions imposées par l'administration de Joe Biden au début de l'année 2025, le coût de ce matériel était estimé à environ 70 millions de dollars[21]. Par ailleurs, les dépenses annuelles consacrées à ce projet seraient évaluées entre 500 millions et 1 milliard de dollars[22].

Allégations de détournement de l'interface de programmation d'OpenAI

En , OpenAI et Microsoft soupçonnent DeepSeek d'avoir utilisé un processus de distillation des connaissances pour extraire des données des modèles d'OpenAI via son interface de programmation, en violation de ses conditions d'utilisation. Le modèle répondant même à des questions du type « Qui es-tu? » par « Je suis ChatGPT »[23].

Microsoft dit avoir détecté fin 2024 d'importants transferts de données via des comptes développeurs OpenAI présumés liés à DeepSeek. OpenAI affirme détenir des preuves de ces pratiques, sans toutefois les détailler publiquement, et indique collaborer avec le gouvernement américain pour protéger sa propriété intellectuelle[24],[25],[26].

Stockage des données

Selon sa politique de confidentialité, DeepSeek stocke les données utilisateur sur des serveurs situés en république populaire de Chine, y compris l'historique des conversations et les informations personnelles de ses utilisateurs[27]. L'entreprise est tenue de collaborer avec les autorités chinoises conformément à la loi sur le renseignement national, ce qui suscite la préoccupation du professeur d'informatique britannique Michael Woodridge[28] et du ministre australien des Sciences, Ed Husic (en)[29].

Censure

Soumis aux réglementations de l'internet en république populaire de Chine, l'agent conversationnel de DeepSeek refuse d'aborder certains sujets politiquement sensibles en Chine (manifestations de la place Tian'anmen, statut de Taïwan, manifestations de 2019 à Hong Kong, accusations de travail forcé au Xinjiang) et redirige la conversation ou formule une réponse avant de l'effacer. L'agent conversationnel reconnaît occasionnellement que ses réponses s'alignent sur les positions officielles du gouvernement chinois[28],[30].

Plaintes et interdictions

Plaintes

En , Test-Achats, l'organisation de consommateurs belge, dépose plainte auprès de l'Autorité de protection des données contre DeepSeek. Lui est reproché un traitement des données en contravention avec le règlement général sur la protection des données (RGPD)[31].

En , Altroconsumo (it), une organisation de consommateurs italienne, dépose plainte auprès du Garant de la protection des données personnelles (it) contre DeepSeek[32]. L'association s'inquiète en effet d'un risque lié à la non conformité par DeepSeek au RGPD[33].

Interdictions

L'Italie interdit l'accès par DeepSeek aux données d'utilisateurs italiens.

L'Australie et Taïwan interdisent à leurs fonctionnaires et à des infrastructures clés d’utiliser DeepSeek[34].

Notes et références

Notes

  1. De son nom complet : Hangzhou DeepSeek Artificial Intelligence Basic Technology Research Co., Ltd., en chinois : 杭州深度求索人工智能基础技术研究有限公司.

Références

  1. Ryan McMorrow et Eleanor Olcott, « The Chinese quant fund-turned-AI pioneer », Financial Times, (lire en ligne, consulté le ).
  2. (en) Lily Ottinger, « Deepseek: From Hedge Fund to Frontier Model Maker », sur chinatalk.media (consulté le ).
  3. (en-US) Julian Horsey, « Deepseek Coder open source AI coding assistant runs online and locally », sur Geeky Gadgets, (consulté le ).
  4. « Inside DeepSeek Models », sur Turing Post (consulté le ).
  5. (en) Deep-Seek AI, « DeepSeek-V2: A Strong, Economical, and Efficient Mixture-of-Experts Language Model ».
  6. « DeepSeek Coder V2, le nouveau modèle de référence pour le code », sur Le Journal du Net, (consulté le ).
  7. (en) « 🚀 Introducing DeepSeek-V3 », sur DeepSeek API Docs (consulté le ).
  8. « « Deepseek 3 », la réponse chinoise à Chat GPT relance la rivalité sino-américaine », sur France Inter, (consulté le ).
  9. (en-US) Timothy Prickett Morgan, « How Did DeepSeek Train Its AI Model On A Lot Less – And Crippled – Hardware? », sur The Next Platform, (consulté le )
  10. DeepSeek-AI, Aixin Liu, Bei Feng et Bing Xue, DeepSeek-V3 Technical Report, (DOI 10.48550/arXiv.2412.19437, lire en ligne)
  11. (zh-CN) « DeepSeek-R1 - DeepSeek推出的高性能AI推理模型,性能对标OpenAI o1正式版 », sur AI工具集, (consulté le ).
  12. (en) « DeepSeek-R1 Release », sur DeepSeek API Docs (consulté le ).
  13. « Intelligence artificielle : Deepseek V-3, la réponse chinoise à Chat-GPT ? », sur lepetitjournal.com (consulté le ).
  14. (en) Elizabeth Gibney, « China’s cheap, open AI model DeepSeek thrills scientists », Nature, (ISSN 1476-4687, DOI 10.1038/d41586-025-00229-6, lire en ligne Accès libre, consulté le )
  15. « La start-up chinoise DeepSeek bouleverse le secteur de l’intelligence artificielle », Le Monde, (lire en ligne).
  16. « Why the markets are freaking out about Chinese AI newcomer DeepSeek » [« Pourquoi les marchés s'inquiètent-ils de l'arrivée de DeepSeek, un nouveau venu chinois dans le domaine de l'IA ? »], sur Ars Technica, (consulté le ).
  17. « Nvidia, AMD, Broadcom : l’IA chinoise DeepSeek fait plonger en bourse les géants de la Tech », sur Le Figaro, (consulté le ).
  18. Charles Delouche-Bertolasi et AFP, « Face à la percée de l’IA chinoise DeepSeek, la tech américaine et Wall Street dévissent », sur Libération (consulté le ).
  19. « Modèles DeepSeek V4-Flash et V4-Pro – comparaison », sur DeepSeek (consulté le )
  20. (en) « DeepSeek-R1: Incentivizing Reasoning Capability in LLMs via Reinforcement Learning », sur GitHub (consulté le ).
  21. 1 2 « DeepSeek : « cachez ces coûts que je ne saurais voir » », sur LeMagIT (consulté le )
  22. (en) Andy Chalk published, « Nvidia share price plummets as it loses more than $600B in valuation, the biggest single-day loss in history », PC Gamer, (lire en ligne, consulté le )
  23. (en) « Did DeepSeek copy ChatGPT to make new AI chatbot? Trump adviser thinks so », sur AP News, (consulté le )
  24. (en) Jess Weatherbed, « OpenAI has evidence that its models helped train China’s DeepSeek » Accès libre, sur The Verge, (consulté le )
  25. Lucas Mediavilla, « Deepseek a-t-il pillé OpenAI ? L’Administration Trump remet en cause les prouesses de la start-up chinoise » Accès payant, sur Le Figaro, (consulté le )
  26. (en) João da Silva et Graham Fraser, « OpenAI says Chinese rivals using its work for their AI apps » Accès libre, sur BBC, (consulté le )
  27. (en) Matt Burgess et Lily Hay Newman, « DeepSeek’s Popular AI App Is Explicitly Sending US Data to China » Accès libre, sur Wired, (consulté le )
  28. 1 2 (en) Robert Booth et Dan Milmo, « Experts urge caution over use of Chinese AI DeepSeek », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne Accès libre, consulté le )
  29. (en) Tom Gerken, « Be careful with DeepSeek, Australia says - so is it safe to use? » Accès libre, sur BBC, (consulté le )
  30. « "Parlons d'autre chose" : on a testé l'IA chinoise DeepSeek, qui n'échappe pas à la censure » Accès libre, sur France Info, (consulté le )
  31. « Données personnelles : Testachats dépose plainte contre DeepSeek » Accès libre, Le Soir, (consulté le ).
  32. Miguel Allo, « DeepSeek, l’IA chinoise fait l’objet de deux plaintes déposées en Europe, dont l’une en Belgique » Accès libre, RTBF, (consulté le ).
  33. « Face à Deepseek, les États passent à l'offensive », sur Le Monde informatique, (consulté le ).
  34. « Pourquoi certains pays interdisent-ils DeepSeek ? », sur 20 Minutes, (consulté le )

Voir aussi

Article connexe

Liens externes

Source Wikipédia (CC BY-SA 4.0) : https://fr.wikipedia.org/wiki/DeepSeek
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(en) Frontier AI. For all of us.
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Histoire
Fondation
Cadre
Type
Forme juridique
Domaines d'activité
Siège
Paris, 15 rue des Halles 75001
Pays
Organisation
Effectif
1 000 (2026)
Fondateurs
Guillaume Lample (d), Timothée Lacroix (d), Arthur MenschVoir et modifier les données sur Wikidata
Président
Directeur scientifique
Guillaume Lample[2]
Directeur technique
Timothée Lacroix[2]
Directeur
Récompense
Produit
Site web
Identifiants
SIREN
TVA européenne
OpenCorporates

Mistral AI est une entreprise française fondée en , spécialisée dans l'intelligence artificielle générative. Elle développe de grands modèles de langages open source et propriétaires. Elle a été cofondée par Arthur Mensch, Guillaume Lample et Timothée Lacroix[1].

Durant sa première année d'existence, elle réalise trois levées de fonds successives, d'un montant total de plus d'un milliard d'euros. Sa dernière levée en la valorise à plus de onze milliards d'euros[3]. Mistral est considérée comme l'un des leaders européens de l'intelligence artificielle[1].

Mistral est basée à Paris et dispose de bureaux au Royaume-Uni, à Palo Alto et à Singapour[4], elle n'est pas cotée en bourse et emploie plus de 1 000 salariés en 2026[5].

Historique

Lancement en 2023

Fondateurs

Avant de cofonder Mistral AI, Arthur Mensch travaillait chez DeepMind, le laboratoire d'intelligence artificielle de Google, tandis que Guillaume Lample, qui a fait partie des créateurs de LLaMA, et Timothée Lacroix étaient chercheurs chez Meta[1],[6],[7].

Levée de fonds de juin 2023

En , la jeune pousse réalise une première levée de fonds de 105 millions d'euros avec comme investisseurs le fonds américain Lightspeed Venture Partners (en), Eric Schmidt, Xavier Niel et JCDecaux Holding notamment. La valorisation est alors estimée par le Financial Times à 240 millions d'euros[8].

Le , l'entreprise met à disposition son modèle de traitement du langage « Mistral 7B » sous licence libre Apache 2.0. Ce modèle comporte 7 milliards de paramètres, une taille restreinte par rapport à ses concurrents[9].

Levée de fonds de décembre 2023

Le , Mistral AI annonce avoir levé 385 millions d'euros dans le cadre de sa seconde levée de fonds[1] et devient l'une des licornes françaises, valorisée à 2 milliards de dollars[10]. Ce tour de table implique notamment le fonds californien Andreessen Horowitz, la BNP Paribas et l'éditeur de logiciels Salesforce[11],[12].

Le , l'entreprise sort le modèle « Mixtral 8x7B » comptant 46,7 milliards de paramètres mais n'en utilisant que 12,9 milliards par jeton textuel grâce à l'architecture du mélange d'experts (en). Le modèle maîtrise 5 langues (français, espagnol, italien, anglais et allemand) et surpasse, d'après les tests de ses développeurs, le modèle « LLama 2 70B » de Meta.

Le même jour, Mistral annonce la version bêta de sa plateforme de services permettant aux développeurs de solliciter directement ses modèles[13].

Consolidation et nouvelle levée de fonds en 2024

En , Cédric O, actionnaire et conseiller en affaires publiques de Mistral AI, recrute Audrey Herblin-Stoop pour s'occuper des affaires publiques[14].

Lancement de la plateforme Le Chat le 26 février 2024

Le , Mistral lance « Le Chat » renommé « Vibe » à partir du 29 mai 2026, un agent conversationnel similaire à ChatGPT, Claude ou Qwen, permettant d'essayer les modèles de l'entreprise[15],[16]. Dans la foulée, elle dévoile Mistral Large, un nouveau modèle de langage capable de rivaliser avec GPT-4[17], une version allégée appelée Mistral Small, et Mistral Next, un prototype conçu pour donner des réponses brèves et concises[18].

Partenariat avec Microsoft

Le même jour, Mistral annonce un partenariat avec Microsoft[19] afin de rendre disponible son modèle Mistral Large sur le cloud Azure. Au terme de cet accord, l'entreprise américaine devrait prendre une participation minoritaire au capital de l'entreprise[20]. Cette participation américaine suscite des débats en Europe puisque pour certains elle remettrait en cause la souveraineté numérique européenne[21]. Le partenariat doit permettre à Mistral AI de distribuer ses modèles aux entreprises, en échange d'un partage des revenus avec Microsoft[22]. Le partenariat inclut également de la recherche et du développement en vue de créer des applications pour tous les gouvernements européens et répondre aux besoins spécifiques en IA du secteur public[23].

Le mercredi , la société publie sur Twitter le modèle « Mixtral 8x22b », téléchargeable depuis un lien magnet sous licence libre Apache 2.0. Il repose sur le principe du mélange d'experts, comme son prédécesseur Mistral 8x7b[24]. Il compte 176 milliards de paramètres et possède une fenêtre de contexte de 65 000 jetons[25].

Lancement du modèle de langage Codestral

Fin , l'entreprise lance un modèle de langage appelé « Codestral » spécialisé dans la génération de code informatique. Comptant 22 milliards de paramètres, il est distribué sous une nouvelle licence dite « Mistral AI non-production license ». Celle-ci restreint l'utilisation du modèle à des fins de recherche scientifique et de tests et exclut donc les usages commerciaux[26].

Levée de fonds de juin 2024

En , Mistral lève 600 millions d'euros à l'issue d'un tour de financement mené par le fonds américain General Catalyst. 65 % du capital restent français d'après le fondateur Arthur Mensch[27].

En juillet, l'entreprise dévoile deux nouveaux modèles open source : Codestral Mamba 7B et Mathstral 7B, ainsi que Mistral NeMo 12B, un modèle développé avec NVIDIA (via la plateforme NVIDIA DGX Cloud et le framework NVIDIA NeMo), un modèle aux performances élevées, dopé par l'utilisation du format de données FP8, particulièrement efficace en anglais, français, allemand, espagnol, italien, portugais, chinois, japonais, coréen, arabe et hindi, et basé sur un nouvel analyseur lexical dit « Tekken ». Celui-ci est basé sur Tiktoken et entraîné sur plus de cent langues. Il surpasse l'analyseur SentencePiece des précédents modèles Mistral pour compresser le langage naturel et le code source : il est environ 30 % plus efficace pour compresser le code source et plusieurs langues majeures et jusqu'à trois fois plus efficace pour le coréen et l'arabe. Les poids du modèle, qui est empaqueté dans un conteneur NVIDIA NIM, sont disponibles sur Hugging Face et la plateforme de Mistral AI. Il peut remplacer les systèmes utilisant Mistral 7B, par exemple pour les agents conversationnels, les tâches multilingues, le codage et la synthèse de documents. Selon les tests de Mistral AI, il dépasse Gemma 2 9B et Llama 3 8B, deux modèles open source sortis quelques mois avant[28].

En octobre, Mistral publie deux petits modèles dits « Ministraux », Mistral 3B et Mistral 8B. Leur faible nombre de paramètres, respectivement 3 et 8 milliards, en font des modèles légers nécessitant moins de capacité de calcul que la plupart des autres modèles de langage. Cela leur permet d'être embarqués dans des systèmes informatiques autonomes isolés d'internet[29].

Nouvelles fonctionnalités en novembre 2024

Le 19 novembre 2024, l'entreprise ajoute plusieurs fonctionnalités majeures à son robot conversationnel Le Chat. Celui-ci devient capable de générer des images, grâce à un partenariat avec Black Forest Labs et leurs modèles Flux Pro. De plus, Mistral ajoute la possibilité de chercher des informations sur internet afin d'avoir des informations fiables et à jour. Enfin, elle introduit le système de Canvas, une interface collaborative dans laquelle l'IA crée du code et l'utilisateur peut le modifier.

Simultanément, l'entreprise introduit un nouveau modèle, Pixtral Large, une amélioration de Pixtral 12B intégrant un encodeur visuel d'1 milliard de paramètres couplé à Mistral Large 2. Enfin, celui-ci a également été amélioré, notamment pour les longs contextes et les appels de fonctions[30].

Depuis 2025

Le 13 janvier 2025, Mistral sort une version améliorée de Codestral, disposant d'un meilleur analyseur et d'une architecture plus efficace, ce qui lui permet d'exécuter le code informatique deux fois plus rapidement[31].

Accord avec l'Agence France-Presse

Trois jours plus tard, l’AFP et Mistral officialisent un accord qui permet au Chat d'utiliser toutes les dépêches de l’AFP publiées depuis 1983, soit 38 millions de dépêches à la signature de ce contrat. Il est spécifié qu’elles ne serviront pas à de l’entraînement mais seulement à répondre aux requêtes des utilisateurs[32]. Le 30 janvier, Mistral sort Mistral small 3, une amélioration du modèle, en ajoutant 2B de paramètre, passant de 22B à 24B[33].

Début mars 2025, Mistral annonce la mise à disposition d'une API OCR qui permet de traiter des documents PDF complexes[34].

Développements avec le ministère des Armées

En février 2025, le ministère des Armées annonce le lancement de GenIAl.intradef (sécurisé), agent conversationnel, assistant rédactionnel, traduction, synthèse… au profit de ses personnels militaires et civils ; puis en mars suivant la signature d'un protocole d’accord entre l’Agence ministérielle pour l'intelligence artificielle de Défense (acronyme Amiad) et Mistral AI en vue d'un rapprochement stratégique. GenIAl.intradef est développé depuis 2022 par les équipes du Centre d’expertise données et IA (CEDIA) du SGA, portée par l’EMA (état-major des armées), la DGNUM, la DIRISI, l’AND et l’Amiad. L'accord avec Mistral AI permettra une collaboration sur des thèmes de recherches avancées tels que les modèles multimodaux, la robotique, l'automatisation et les modèles embarqués, l'industrialisation de certains produits pour la défense française permettant d'assurer ainsi la souveraineté technologique de la France[35],[36].

Partenariats avec l'industrie

En avril 2025, Mistral AI annonce un partenariat de cent millions d'euros avec la compagnie maritime CMA CGM qui souhaite investir dans l'intelligence artificielle afin de gagner en efficacité dans l’ensemble de ses métiers, du transport à la logistique en passant par ses médias (BFM, RMC…) [37]. En mai 2026, Mistral AI annonce de nouveaux partenariats avec Airbus[38],[39],[40], EDF et BMW[41].

Nouvelle levée de fonds et partenariat avec ASML

Le 9 septembre 2025, Mistral annonce une nouvelle levée de fonds de 1,7 milliard d'euros ainsi que l'entrée à son capital d'ASML, ce dernier devenant son principal actionnaire avec une prise de participation de 11 %. Cette levée de fonds porte ainsi la valorisation de Mistral AI à 11,7 milliards d'euros, ce qui en fait la société d'IA la plus valorisée d'Europe. Cette annonce marque également le lancement d'un partenariat stratégique avec ASML pour que le géant néerlandais des machines à graver les semi-conducteurs utilise ses modèles d'intelligence artificielle dans l'ensemble de son portefeuille de produits[42],[3].

Partenariat avec HSBC

Début décembre 2025, HSBC a signé un accord pluriannuel avec Mistral AI afin d'intégrer des outils d'AI générative dans la banque[43].

Partenariat avec Wikimédia

En janvier 2026, la fondation Wikimédia annonce des partenariats avec plusieurs entreprises d’intelligence artificielle, dont Mistral AI, afin de leur fournir un accès aux contenus de Wikipédia via des canaux adaptés à leurs besoins. Ces accords, conclus au cours de l’année précédente et dont les montants ne sont pas rendus publics, permettent à ces entreprises d’accéder aux contenus avec un volume et à une vitesse conçus spécifiquement pour leurs besoins, et visent à limiter l’impact des collectes automatisées sur l’infrastructure de Wikipédia, ainsi qu’à contribuer à son financement via Wikimedia Enterprise[44].

2026

Le 17 février 2026, Mistral AI annonce racheter l'entreprise française d'informatique sans serveur Koyeb[45] pour un montant non communiqué. Les trois cofondateurs de la start-up et leurs 13 employés doivent rejoindre l'équipe d'ingénierie de Mistral AI en mars[46]. L'objectif de ce rachat est de renforcer l'offre Mistral Compute[47],[46] de l'entreprise.

Le 19 mai 2026, Mistral AI annonce racheter l'entreprise autrichienne Emmi AI, développant des modèles d'intelligence artificielle de simulation pour l'ingénierie industrielle[48],[49].

Datacenters

Partenariat avec EcoDataCenter en Suède

En février 2026, Mistral AI a annoncé un investissement de 1,2 milliard d’euros pour construire un datacenter dédié à l'IA à Borlänge, en Suède. Prévu pour 2027, ce site doit renforcer ses capacités de calcul et soutenir ses modèles à grande échelle, dans le respect d'une supposée souveraineté technologique numérique européenne. C'est le plus gros investissement de l'entreprise depuis sa création[50]. EcoDataCenter est un opérateur suédois de centres de données dits « verts », c'est-à-dire spécialisé dans des infrastructures à très haute efficacité énergétique et entièrement alimentées par des sources renouvelables[51].

Projet de datacenter en France (2026)

Le 30 mars 2026, Mistral AI a officialisé la signature d'un prêt de 830 millions de dollars (environ 765 millions d'euros) destiné à la construction en 2026 d'un centre de données à Bruyères-le-Châtel (Essonne), à 32 km au sud-ouest de Paris.

Sa puissance électrique sera de 44 MW, pour 13 800 puces Nvidia GB300 à microarchitecture Blackwell à 104 milliards de transistors chacune, ce qui en fera l'un des clusters d'IA les plus denses d'Europe, bien que beaucoup plus modeste que les grands investissements (multi-milliards) de géants américains (tels que les projets de datacenter de Google pour Anthropic au Texas).

Le prêt a été obtenu auprès d'un consortium bancaire international (incluant BNP Paribas, Crédit Agricole CIB, HSBC, La Banque Postale, MUFG, Natixis C\&IB et Bpifrance), c'est un financement par dette, une première pour la société, qui permet de préserver sa structure actionnariale.

L'implantation à Bruyères-le-Châtel s'inscrit dans la continuité historique de cette commune, siège du Très Grand Centre de calcul (TGCC) du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA). Ce choix renforcera le pôle de calcul de haute performance (HPC) de l'Essonne, devenu un centre névralgique de la simulation numérique en France, et pourrait s'inscrire dans l'accord-cadre signé en janvier 2026 entre Mistral AI et le ministère des Armées, visant à fournir des solutions d'IA générative souveraines pour des entités critiques, dont la Direction des applications militaires du CEA et l'ONERA. Le déploiement de ces modèles en réseaux fermés et sécurisés répond à des besoins croissants en calcul intensif pour les secteurs du nucléaire civil et militaire, ainsi qu'à des objectifs d'autonomie stratégique nationale[52],[53],[54].

Modèles

Mistral met à disposition plusieurs modèles d'I.A. générative sur sa plateforme Mistral Vibe (Mistral Large, Mistral Small, Mistral Next[55]) et met aussi à disposition d'autres modèles via son API.

Nom du modèleDescription
Mistral 7B Un modèle de langage de grande taille avec 7 milliards de paramètres, optimisé pour une variété de tâches de traitement du langage naturel.
Mistral Tiny Un modèle plus petit et plus léger, conçu pour des applications nécessitant une faible latence et une faible consommation de ressources.
Mistral Embed Un modèle spécialisé dans la génération d'embeddings, utile pour des tâches comme la recherche sémantique et la classification.
Mistral Saba Un modèle de 24B paramètres formé sur des ensembles de données soigneusement sélectionnés à travers le Moyen-Orient et l'Asie du sud, conçu pour fournir un contexte linguistique et culturel régional.
Mixtral 8x7B Un modèle de mélange de spécialistes (SMoE) avec des poids ouverts, performant et efficace en termes de coût et de latence.
Magistral Small Un modèle open-weight spécialisé dans le raisonnement, disponible pour l'auto-déploiement sous la licence Apache 2.0.
Devstral Small Un modèle optimisé pour les tâches de codage et les capacités agentiques, disponible via l'API de Mistral AI.
Devstral Medium Un modèle plus puissant pour les tâches de codage et les capacités agentiques, disponible pour les clients entreprises et via l'API de fine-tuning de Mistral AI.
Mistral Medium 3 Un modèle offrant des performances de pointe à un coût significativement inférieur, adapté aux contextes d'entreprise.
Ministral 3B / 8B Des modèles d'entreprise avec 3 milliards et 8 milliards de paramètres respectivement, conçus pour des performances élevées et des coûts réduits.
Mistral OCR Un modèle spécialisé dans la reconnaissance optique de caractères (OCR), utile pour extraire du texte à partir d'images et de documents.
Mistral Large Un modèle puissant pour des tâches complexes nécessitant de grandes capacités de raisonnement ou des spécialisations élevées.
Pixtral Un modèle mentionné parmi les modèles ouverts de Mistral AI, bien que les détails spécifiques ne soient pas fournis dans les résultats de recherche.
Mistral AI for Finance Une suite de modèles et de services d’intelligence artificielle dédiée aux institutions financières, conçue pour permettre l’intégration de l’IA générative dans les systèmes bancaires tout en garantissant le contrôle des données sensibles et la conformité réglementaire.

Modèle économique

Mistral AI a changé de stratégie commerciale pour améliorer sa viabilité économique. Elle est passée d'une logique de logiciel libre à une approche hybride combinant des modèles sous licence gratuite et des modèles dits de pointes sous des licences plus restrictives[56],[57],[58]. Ainsi l'entreprise distingue désormais :

  • les Modèles "Open-Weight" (Poids ouverts) : les modèles de taille petite et moyenne (comme la série Ministral ou Mistral 7B) restent accessibles gratuitement sous licence Apache 2.0. Ils peuvent être téléchargés, modifiés et utilisés librement[59].
  • les Modèles de pointe (Frontier Models) : les modèles les plus puissants, tels que Mistral Large 2 ou Devstral 2, utilisent des licences plus restrictives. Par exemple, le modèle de codage Devstral 2 utilise une licence « MIT modifiée » qui reste gratuite pour les indépendants mais devient payante pour les entreprises dépassant 20 millions de dollars de revenus mensuels.

Notes et références

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Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

Source Wikipédia (CC BY-SA 4.0) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Mistral_AI
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Gemini (IA)

Gemini
Generalized Multimodal Intelligence Network
Description de l'image Google Gemini logo 2025.svg.
Informations
Créateur Google
Développé par Google DeepMind
Première version Bard Expérimental ()
Dernière version Gemini 3.5 Flash ()
État du projet Actif
Système d'exploitation

Windows, macOS, Linux (Web) Android (Application)

iOS (Application)
Environnement Navigateur web, Android et iOSVoir et modifier les données sur Wikidata
Langues 46 langues
Type Dialogueur
Grand modèle de langage
IA conversationnelle (d)
Chatbot d'intelligence artificielle générative (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web https://gemini.google.com

Gemini, anciennement Bard, est un assistant conversationnel développé par l'entreprise Google. Pour générer du texte, il se base sur une famille de grands modèles de langage également appelée Gemini, introduite au public le [1]. Gemini est l'acronyme de Generalized Multimodal Intelligence Network. Les modèles se déclinent en trois tailles : nano, pro et ultra[2].

Gemini peut comprendre et interagir avec l'audio et la vidéo, et générer du texte (poésie, scripts, pièces musicales, courriels, lettres, etc.), du code, des traductions (entre plus de 100 langues). Il peut produire plusieurs types de contenu créatif (images, dessins, sons, musique, vidéos…), aider des chercheurs en analysant des données ou en générant des hypothèses. Gemini peut répondre aux questions de manière informative ou en produisant des cours personnalisés, des jeux, des tutoriels, etc., avec les limites des IA (erreurs, biais, « hallucinations »…).

Il est disponible via une application mobile et est directement intégré sur plusieurs appareils (smartphones dont les Google Pixel, tablettes, montres pixel watch, etc.) ainsi que les produits de la gamme Nest et Home de Google[3]. Il est aussi disponible sur les derniers appareils Samsung comme la Galaxy Watch 8 qui est la première montre connectée à l'intégrer[4] ou encore le Samsung Galaxy XR[5] issu de la collaboration entre Samsung, Google et Qualcomm.

Description

Gemini désigne une famille de transformeurs génératifs préentraînés permettant notamment de générer du texte. Le terme désigne également l'assistant conversationnel qui utilise ces modèles[6].

Multimodalité

Gemini a été annoncé en 2023 comme devant surpasser les modèles existants comme GPT-4, en pouvant traiter simultanément et de manière polyvalente divers types différents de données (texte, images, sons et vidéos). Il peut ainsi répondre à une large variété de demandes, comme la génération de textes écrits, d'images, de sons et de code ; l'analyse de flux vidéo, la création de modèles 3D complexes, l'analyse et l'interprétation de graphiques complexes, de cartes, etc.[7],[8],[9]. L'architecture de Gemini comporte un encodeur et un décodeur. L'encodeur de Gemini convertit certains types de données en vecteurs, que le décodeur peut comprendre et utiliser pour la génération[10].

Variantes

Selon Google, Gemini est particulièrement douée pour le codage informatique, grâce à son nouveau système de génération de code AlphaCode 2 basé sur Gemini Pro, qui lui permettrait de surpasser 85 % des concurrents[11]. Google DeepMind a également conçu Gemini Robotics, un modèle vision-langage-action permettant de contrôler des robots[9].

Histoire

Contexte

Au début des années 2020, dans le domaine de l'IA générative, Google a été distancé par ChatGPT. Tout en poursuivant ses projets d'IA (ex. : Teachable Machine, Quick Draw, AutoDraw, Art Palette, ou Semantris et BARD) Google a mis en avant son nouveau projet majeur : Gemini AI, qui est une collaboration entre Google Brain (connue pour avoir créé l'outil Google Traduction, ainsi que TensorFlow, les modèles Transformer (le T de GPT) et le modèle LaMDA, qui permet à Bard de fonctionner) et DeepMind (filiale de Google, notamment connue pour avoir créé AlphaGo, le système d'IA qui a battu Lee Sedol au jeu de go en 2016, et AlphaFold capable de prédire la structure des protéines). Ces deux groupes ont fusionné en 2023 pour accélérer la mise au point de Gemini après le succès de ChatGPT.

En , OpenAI a lancé ChatGPT, un assistant conversationnel (chatbot) initialement basé sur GPT-3.5. ChatGPT a attiré l'attention du monde entier après sa sortie, devenant une sensation virale sur Internet. Alarmé par la menace potentielle de ChatGPT pour la recherche Google, le PDG de Google, Sundar Pichai, a émis une alerte « code rouge » à l'échelle de l'entreprise, réaffectant plusieurs équipes pour venir renforcer les efforts de l'entreprise en matière d'IA[12]. Dans un geste rare et sans précédent, les cofondateurs de Google Larry Page et Sergey Brin, qui avaient quitté leurs fonctions de co-PDG de la société mère de Google Alphabet en 2019, ont été convoqués à des réunions d'urgence avec des dirigeants de l'entreprise pour discuter de la réponse de Google à ChatGPT.

Interrogés par les employés lors d'une réunion générale pour savoir si le grand modèle de langage LaMDA était une occasion manquée pour Google de concurrencer ChatGPT, Sundar Pichai et Jeff Dean (le dirigeant de Google AI) ont déclaré que Google avait des capacités similaires, mais aller trop vite dans ce domaine représenterait un « risque réputationnel » majeur en raison du fait que Google est nettement plus grand qu'OpenAI[13],[14]. En , le PDG de DeepMind, Demis Hassabis, a annoncé les plans d'un rival de ChatGPT, et les employés de Google ont été chargés d'accélérer les progrès sur un concurrent de ChatGPT, en testant intensivement « Apprentice Bard » et d'autres chatbots[15],[16]. Sundar Pichai a assuré lors de l'appel aux investisseurs pendant la présentation des résultats trimestriels de Google en février que la société avait l'intention d'étendre la disponibilité et les applications de LaMDA[17].

Peu de données étaient disponibles sur Gemini avant , mais selon Google, ce nouveau système d'IA pourrait remplacer et améliorer PaLM 2 de Google, dont en intégrant des techniques plus efficaces d'apprentissage par renforcement, permettant une amélioration continue des capacités des systèmes d'IA à répondre à des questions complexes.

Dès le début d'année 2023, Google avait annoncé une riposte claire à OpenAI au travers du projet Sparrow un chatbot qui avait l'avantage, contrairement à ChatGPT, de citer ses sources[18], gagnant ainsi en crédibilité.

Gemini a été entrainé sur les Tensor Processing Units (TPU) de Google[réf. nécessaire]. Plus rapide et moins couteux dans ses exécutions que les précédents modèles de Google (comme PaLM), Gemini intègre en particulier des « mécanismes d'attention » (MA) perfectionnés, permettant aux réseaux de neurones artificiels de « concentrer » leurs calculs sur les parties les plus pertinentes des « données d'entrée », pour générer ensuite des « sorties » plus cohérentes, et répondant plus fidèlement aux « invites » des utilisateurs.

La capacité annoncée de Gemini à générer et combiner des objets sonores, visuels (graphiques et cartographie y compris) et du texte devrait également lui permettre de générer plus d'un type de données à la fois. Gemini pourra probablement, par exemple, extraire des caractéristiques d'une vidéo, d'un podcast ou d'un texte complexe pour en générer une analyse ou un résumé en tenant compte plus finement des demandes de l'utilisateur, mais aussi  et éventuellement dans le même temps  créer du contenu nouveau et le mettre en page, l'illustrer d'images, de graphiques et/ou de cartographies, en créer une version vidéo ou podcast, multilingue, etc.

Bard et Gemini Pro

Le 2023, Google a annoncé Bard, un chatbot utilisant LaMDA pour générer du texte[19]. Bard a d'abord été déployé auprès d'un groupe restreint de « testeurs de confiance[20] », avant une large diffusion prévue à la fin du mois[21],[22]. Il a été développé sous le nom de code « Atlas »[23]. Dans la foulée de l'annonce de Google, le rival de Google, Microsoft, a révélé son partenariat avec OpenAI pour intégrer ChatGPT dans son moteur de recherche Bing, après avoir précédemment investi 10 milliards $ dans OpenAI[24],[25].

Bard a été présenté dans une vidéo promotionnelle sur Twitter le . Lors de cette vidéo, Bard s'est trompé en répondant à une question sur le télescope James Webb, provoquant l'inquiétude quant à la fiabilité du chatbot et dans la foulée la chute de l'action Google (Alphabet) de plus de 7 %[26]. Google Bard a été interrogé sur les nouvelles découvertes du télescope spatial James Webb et a répondu avec trois puces, y compris une déclaration selon laquelle le télescope « a pris les toutes premières images d'une planète en dehors de notre propre système solaire ». Cependant, cette affirmation était incorrecte[27].

Mi-2023, Gemini est encore en phase d'entraînement, et testé pour sa sécurité. Comme c'était déjà le cas pour PaLM 2, Google propose plusieurs itérations du modèle, de tailles différentes, qui seront exploitées en fonction des avancées de l'IA, des besoins émis en interne par les services ou filiales de Google, puis par les utilisateurs et clients, et en fonction de contraintes spécifiques[28]. Les versions de Gemini, en différentes tailles et capacités[29], pourraient être disponibles via le « Google Cloud Vertex AI » (anciennement « Google AI Platform »), une « plateforme d'apprentissage automatique, qui regroupe tous les services cloud de Google, permet de faciliter le déploiement et la maintenance des modèles d'IA »[28]. Une version préliminaire de Gemini a été fournie à un petit groupe externe de développeurs et d'entreprises afin d'effectuer des tests[30].

Depuis le [31], Bard utilise un modèle d'intelligence artificielle appelé Gemini Pro lorsqu'il communique en anglais. Ce modèle peut traiter et fusionner différents types d'informations tels que le texte, les images, l'audio et le code. Gemini Pro est actuellement disponible uniquement pour l'anglais sur Bard, mais son expansion à d'autres langues et régions, notamment en Europe, est prévue prochainement. Gemini Pro se concentre actuellement sur le traitement de textes, mais devrait bientôt être capable de travailler avec d'autres types de contenus[32]. De plus une suite qui compte trois modèles est annoncée :

  • Gemini Nano : version allégée de Gemini est prévue pour tourner nativement et hors-ligne sur des smartphones Android en commençant par le Google Pixel 8 Pro et uniquement à partir de texte ;
  • Gemini Pro : le modèle intermédiaire, remplacera LaMDA dans Bard pour les pays anglophones ;
  • Gemini Ultra (qui ne sera finalement lancé qu'en ) : le modèle le plus avancé, et le plus performant.

Si Google DeepMind ne précise pas les tailles des modèles, l'accent est mis sur les performances du plus puissant (Gemini Ultra) par rapport à GPT-4[33] d'OpenAI, qui est alors de loin le modèle le plus puissant du marché.

Il est annoncé aussi que Gemini Pro sera disponible pour les développeurs via le Google Generative AI Studio ou Vertex AI sur Google Cloud le et que Gemini Ultra sera proposée aux Data Centers et aux entreprises, d'abord en version beta contrôlée et dans un contexte expérimental sécurisée.

Gemini

Le , Google a annoncé renommer Bard en Gemini afin de refléter l'utilisation de la famille de modèles Gemini[34].

Le , Google lance une nouvelle version plus avancée nommée Gemini 1.5 Pro. C'est aussi le premier modèle capable de prendre jusqu'à 1 million de tokens en entrée, même si la limite est fixée à 128 000 tokens dans un premier temps.

Le même mois, Google suspend son outil de création d'images Gemini, « pensé pour promouvoir la diversité », après qu'il a généré des résultats embarrassants, refusant dans certains cas de représenter des personnes blanches ou générant des images historiquement fausses, telles que « des soldats nazis de couleur » ou le « pape imaginé en femme ». Des polémiques en série, dont l'une liée à l'affirmation de Gemini selon laquelle il serait « difficile de dire » qui d'Hitler ou d’Elon Musk avait eu l’impact le plus négatif sur la société, poussent Sundar Pichai, le PDG de Google, à recadrer ses équipes. Il leur rappelle le risque de briser la confiance envers les produits Google. Il déplore les réponses embarrassantes de Gemini qui « ont fait preuve de partialité »[35],[36]

En mai, une version allégée est lancée, nommée Gemini 1.5 Flash et capable d'accepter 1 million de tokens. Gemini 1.5 Pro bénéficie d'une amélioration à ce niveau, permettant d'utiliser jusqu'à 2 millions de tokens en entrée.

En , Google introduit les « Gems », qui permettent de créer des versions personnalisées de Gemini que les utilisateurs définissent en fonction de leurs besoins[37]. C'est une réponse au GPT Store de OpenAI ou au Copilot Studio de Microsoft, et l'un des nombreux efforts que déploie le groupe pour tenter d'attirer du public vers Gemini, alors que l'adoption des professionnels et développeurs restent très faible par rapport aux rivaux[38].

En , Google annonce la sortie du modèle Gemini 2.5 (disponible en 3 versions : Pro, Flash et Flash-Lite), dont la déclinaison la plus puissante se retrouve directement en haut du classement de LMArena. Bénéficiant d'une fenêtre d'un million de token en entrée, le modèle domine encore actuellement les benchmarks scientifiques et mathématiques AIME et GPQA[39].

Le , Google annonce le déploiement progressif de Gemini 3, présenté comme « le meilleur modèle au monde pour la compréhension multimodale »[40]. Il se classe en tête du classement de LMArena et atteint de loin le meilleur score au MathArea Apex avec un score de 23,4 % contre 1 % pour GPT-5.1 et 1,6 % pour Claude Sonnet 4.5. Plus globalement, il surpasse ses concurrents dans de nombreux benchmarks clés de l'IA notamment avec son mode Deep Think[40],[41].

Un mois plus tard, Google annonce la sortie de Gemini 3 Flash conçu pour des réponses rapides qui est présenté comme dépassant Gemini 2.5 Pro tant en vitesse qu'en qualité[42],[43]. Déployé dans Gemini mais aussi Google Search[44] dans les pays où les réponses optimisées par l'IA sont disponible[45],[46], il vise notamment à concurrencer GPT-5.2 qui a été présenté moins d'une semaine plus tôt[47].

En , lors de la publication des résultats du quatrième trimestre 2025 d'Alphabet, Google annonce que l'application Gemini a franchi la barre des 750 millions d'utilisateurs actifs mensuels, contre 650 millions au trimestre précédent[48]. entre Apple et Google visant à utiliser la technologie Gemini pour renforcer l’assistant vocal Siri, marquant une collaboration notable entre deux acteurs majeurs de l’industrie[49].

Le , Google publie une mise à jour majeure de Gemini 3 Deep Think, présentée comme destinée à résoudre des défis modernes en sciences, recherche et ingénierie[50].

Le , Google annonce Gemini 3.1 Pro en version préliminaire, présenté comme une avancée en matière de raisonnement complexe. Le modèle obtient un score de 77,1 % sur l'ARC-AGI-2, soit plus du double des performances de Gemini 3 Pro, et 80,6 % sur SWE-Bench Verified, un indicateur mesurant les capacités de développement logiciel autonome[51].

Impact environnemental

En avril 2026, Greenly publie une analyse intitulée « Étude d'impact environnemental de Gemini AI » en réponse aux rapports de transparence énergétique de Google sur son modèle[52]. L'étude évalue la consommation énergétique d'une requête à environ 14,6 Wh et estime que, sur la base du mix électrique réel, les émissions associées s'élèveraient à 0,09 gCO₂e par token, soit environ trois fois les valeurs communiquées par Google[53].

Références

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Voir aussi

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Liens externes

Source Wikipédia (CC BY-SA 4.0) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Gemini_(IA)
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Claude (modèle de langage)

Claude
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Informations
Développé par AnthropicVoir et modifier les données sur Wikidata
Première version
Dernière version Claude Fable 5 ()
Type Famille de grands modèles de langage
Licence Propriétaire
Site web https://claude.ai

Claude est une série de grands modèles de langage développés par Anthropic[1]. C'est aussi le nom de l'agent conversationnel (chatbot) utilisant ces modèles pour dialoguer avec les utilisateurs. Claude peut analyser des images et différents types de fichiers, et faire des recherches sur internet. Claude est connu pour ses performances en programmation informatique[2],[3], particulièrement avec le logiciel d'IA agentique Claude Code[4]. Un autre logiciel nommé Cowork vise à automatiser diverses tâches bureautiques[5].

La première version est sortie en [6]. Claude Sonnet désigne la version moyenne du modèle. Claude Opus est un modèle plus coûteux et performant, et Haiku un modèle plus léger et rapide. Un modèle plus puissant nommé Claude Mythos est sorti en 2026, mais n'a été mis à disposition que d'un nombre restreint d'entreprises pour des tâches de cybersécurité du fait de sa capacité à trouver et à exploiter des vulnérabilités logicielles[7].

Fonctionnalités

Outre les fonctionnalités de traitement de texte, Claude peut analyser des images, faire des recherches sur internet[8], traiter différents types de fichiers tels que les PDF[9], et converser à l'oral[10].

Abonnements

Claude peut être utilisé gratuitement, mais les abonnements donnent accès à des seuils d'utilisation plus élevés et à des fonctionnalités supplémentaires comme Claude Code et Claude dans Chrome[11],[12]. Anthropic a fourni en septembre 2023 sa première offre commerciale avec Claude Pro. En mai 2024, Anthropic a commencé à proposer les abonnements multi-utilisateurs Claude Team[13] et Claude Enterprise[14]. En avril 2025, Anthropic a lancé un abonnement plus coûteux nommé Claude Max[15].

Artifacts

La fonctionnalité Artifacts affiche dans un panneau dédié des documents ou du code informatique interprété. Par exemple, cela permet de visualiser directement des diagrammes et de les ajuster itérativement[16].

Utilisation d'ordinateur

En octobre 2024, Anthropic a lancé la fonctionnalité computer use (« utilisation d'ordinateur ») permettant à Claude de prendre le contrôle de l'ordinateur et de naviguer en analysant l'écran et en simulant les entrées clavier et souris[17].

En mars 2026, Anthropic a ajouté la possibilité de contrôler par téléphone les actions de Claude sur l'ordinateur[18].

Claude Code

Claude Code est un logiciel d'IA agentique qui permet d'automatiser des tâches de développement logiciel. Il peut écrire, exécuter, corriger et réorganiser du code informatique[5].

Déployé au grand public en mai 2025, Claude Code a connu une croissance rapide. En février 2026, il génère un revenu annualisé de 2,5 milliards de dollars, et une estimation suggère que 4 % des modifications publiées sur GitHub sont générées par Claude Code[19].

Claude Security

Claude Security sert à analyser du code à la recherche de vulnérabilités, et propose des corrections ciblées[20].

Code Review

Claude Review fait des revues de code automatisées. Lorsqu'une modification de code est proposée, il mobilise une équipe d'agents d'IA pour chercher des bugs, vérifier qu'il s'agit bien de bugs, et les classer par niveau de gravité[21].

Claude Cowork

Cowork est un logiciel d'IA agentique permettant à Claude d'effectuer des tâches bureautiques avec une certaine autonomie. Lancé en janvier 2026, Cowork est similaire à Claude Code, mais est contrôlé via une interface graphique et vise un public plus général que celui des développeurs de logiciels. Il a accès à un dossier de travail choisi par l'utilisateur, et peut y générer ou modifier des fichiers, et exécuter certaines commandes informatiques. Cowork peut par exemple synthétiser des documents, créer des présentations, modifier des fichiers Excel, utiliser un navigateur web, ou gérer des emails. Anthropic recommande toutefois de configurer Cowork pour qu'il n'ait pas accès à des informations sensibles. Le code source de Cowork aurait en grande partie été écrit avec Claude Code[5].

Claude Design

Claude Design, lancé en avril 2026, permet d'automatiser la création d'interfaces graphiques et d'éléments visuels (prototypes, présentations, logos, bannières...)[22].

Entraînement

Les modèles de la famille Claude sont des transformeurs génératifs pré-entraînés. Ils ont été pré-entraînés à prédire le mot suivant pour de grandes quantités de texte. Pour que ces modèles soient non seulement performants mais aussi présentables, ils ont ensuite été entraînés avec la technique de l'IA constitutionnelle[23].

IA constitutionnelle

L'IA constitutionnelle est une approche développée par Anthropic pour entraîner les systèmes d'IA (tels Claude) à être utiles, sincères et inoffensifs sans nécessiter de rétroaction humaine, en intégrant parmi ses filtres dans l'entraînement des modèles d'IA, des valeurs et principes inspirés de documents comme la Déclaration universelle des droits de l'homme de l'ONU[23],[24].

Dans une phase d'apprentissage supervisé, le modèle génère des réponses, s'autocritique sur la base d'un ensemble de principes (une « constitution »), puis ajuste ses réponses. Ces réponses davantage conformes à la constitution sont ensuite utilisées pour entraîner le modèle[23].

Ensuite vient une phase d'apprentissage par renforcement. Le modèle génère des réponses et les compare, favorisant celles qui satisfont le plus les principes de la constitution. Ces données permettent d'entraîner un modèle de préférences, qui juge des réponses en fonction de leur degré de conformité à la constitution. Claude est ensuite ajusté à satisfaire ce modèle de préférences. Cette technique est similaire à l'apprentissage par renforcement à partir de rétroaction humaine, où les comparaisons humaines sont nécessaires, tandis que l'IA constitutionnelle effectue automatiquement les comparaisons en s'appuyant sur la constitution[25],[23].

Modèles

Claude

Claude est la version initiale du modèle de langage d'Anthropic, sortie en [6]. Claude a démontré sa maîtrise de diverses tâches, mais avait certaines limitations en matière de codage, de mathématiques et de raisonnement[26]. Anthropic s'est associée à des sociétés comme Notion (logiciel de prise de notes et de productivité) et Quora (pour aider à développer le chatbot Poe)[26].

Certains employés d'Anthropic considèrent le nom « Claude » comme une référence au mathématicien Claude Shannon, père de la théorie de l'information[27],[28]. D'autres employés le décrivent comme un nom masculin amical pour contrebalancer les noms féminins d'assistants d'IA comme Alexa, Siri ou Cortana[28].

Claude Instant

Claude Instant est une version plus rapide, moins chère et plus légère. Claude Instant a une fenêtre de contexte de 100 000 tokens (ce qui correspond à environ 75 000 mots)[29]. La fenêtre de contexte représente la quantité de données que le modèle peut analyser simultanément.

Claude 2

Claude 2 est la deuxième itération majeure, sortie le . Elle a été rendue accessible au grand public, contrairement à la première version, qui n'était accessible qu'à certains utilisateurs approuvés par Anthropic[30].

Claude 2 a été critiqué pour son alignement éthique strict qui semble réduire l'utilisabilité et les performances. Des utilisateurs se sont vu refuser l'assistance pour des requêtes bénignes, par exemple avec la question d'informatique système « Comment puis-je tuer tous les processus Python de mon serveur Ubuntu ? » Cela a conduit à un débat sur la « taxe d'alignement » (le coût pour garantir l'alignement d'un système d'IA), avec des discussions centrées sur l'équilibre entre les considérations éthiques et les fonctionnalités pratiques. Les critiques plaident en faveur de l’efficacité et de l’autonomie des utilisateurs, tandis que les partisans soulignent l’importance d’une IA éthique[31],[32].

Claude 2.1

Claude 2.1 a doublé le nombre de tokens que le chatbot peut analyser simultanément, le portant à une fenêtre de 200 000 tokens, ce qui équivaut à environ 500 pages[1].

Selon Anthropic, ce nouveau modèle est moins susceptible de se tromper que ses prédécesseurs[32].

Claude 3

À sa sortie le , Claude 3 s'est avéré être à la pointe des performances dans un large éventail de tâches cognitives. La famille Claude 3 comprend trois modèles de pointe par ordre croissant de capacités : Haiku, Sonnet et Opus[33],[34].

Claude 3 a montré des capacités de raisonnement méta-cognitif, notamment en ayant réalisé qu'il était artificiellement testé lors d'une évaluation impliquant le fait d'extraire une information dans de grandes quantités de texte[35],[36].

Claude 3.5

Le , Anthropic sort Claude Sonnet 3.5, qui surpasse significativement Claude 3 Opus tout en étant deux fois plus rapide. Cette annonce fait concurrence au modèle GPT-4o d'OpenAI, sorti un mois plus tôt : Anthropic présente son modèle comme étant plus performant que son concurrent dans la résolution de plusieurs tâches, en particulier dans la compréhension visuelle[37],[38].

Claude 3.7

Anthropic a lancé Claude 3.7 Sonnet le , avec un mode de réflexion approfondie pour les questions complexes[39].

Claude 4.0

Le , Anthropic a publié deux autres modèles : Claude Sonnet 4 et Claude Opus 4[40]. Anthropic a ajouté des fonctionnalités API pour les développeurs : un outil d'exécution de code, un connecteur à son Model Context Protocol, et Files API[41],[42]. Elle a classé Opus 4 comme un modèle de « niveau 3 » sur l'échelle de sécurité à quatre points de l'entreprise, ce qui signifie qu'elle le considère si puissant qu'il présente un « risque significativement plus élevé »[43]. Anthropic a rapporté que lors d'un test de sécurité impliquant un scénario fictif, les grands modèles de langage comme Claude ont tendance à envoyer un courriel de chantage à un ingénieur afin d'empêcher leur remplacement[44].

Claude 4.5

Le , Anthropic sort Claude Sonnet 4.5. Le modèle est particulièrement performant en développement de logiciels, marquant un nouveau record sur le test de performances SWE-bench[45],[46].

Le , Anthropic complète la gamme avec Claude Haiku 4.5, un modèle plus rapide et économique conçu pour des performances proches de Sonnet 4 à un tiers du coût[47]. Haiku 4.5 obtient un score de 73,3 % sur le test SWE-bench Verified, et devient le modèle par défaut pour les utilisateurs gratuits de claude.ai[48]. Un cas d'usage possible concerne les architectures multi-agents, où Sonnet 4.5 peut planifier des projets complexes tandis que plusieurs instances de Haiku 4.5 exécutent des tâches en parallèle[49].

En novembre, l'entreprise sort Claude Opus 4.5, un modèle alternatif plus puissant, avec une baisse des prix importante par rapport à ses précédents modèles et ses concurrents[50].

Claude 4.6

Le , Anthropic présente Claude Opus 4.6, décrit comme son modèle le plus performant à ce jour. Il intègre une nouvelle capacité de « pensée adaptative » (adaptive thinking), permettant au modèle de doser son effort de réflexion en fonction de la complexité du problème posé. Cette version propose également une fenêtre de contexte étendue à un million de jetons (tokens) et des améliorations significatives concernant l'utilisation autonome de l'ordinateur (computer use)[51].

Le , Anthropic lance Claude Sonnet 4.6. Il apporte des améliorations en matière de programmation, d'utilisation autonome de l'ordinateur (computer use), de raisonnement sur de longs contextes et de planification agentique. Comme Opus 4.6, il dispose d'une fenêtre de contexte d'un million de jetons en bêta. Proposé au même tarif que Sonnet 4.5, il devient le modèle par défaut sur claude.ai pour les utilisateurs des offres gratuites[52].

Claude 4.7

Le 16 avril 2026, Anthropic publie Claude Opus 4.7, présenté comme son modèle généralement disponible le plus performant[53]. Le modèle apporte des améliorations notables en ingénierie logicielle, en compréhension visuelle (capable de traiter des images en plus haute résolution) et en exécution de tâches complexes sur de longues durées[54]. Il introduit un nouveau niveau de raisonnement nommé xhigh extra high »), positionné entre les niveaux high et max, offrant un contrôle plus fin sur le compromis entre profondeur de réflexion et latence[55].

Anthropic reconnaît publiquement que Claude Opus 4.7 reste moins puissant que Claude Mythos Preview, mais le présente comme le premier modèle largement déployé avec un nouveau dispositif de garde-fous destinés à détecter et bloquer automatiquement les requêtes liées à des usages cybersécuritaires interdits ou à haut risque[53]. Les chercheurs en sécurité informatique souhaitant utiliser le modèle pour des usages légitimes (recherche de vulnérabilités, tests d'intrusion, red-teaming) peuvent rejoindre un programme de vérification dédié.

Le modèle est disponible sur l'ensemble des produits Claude, sur la Claude API ainsi que sur Amazon Bedrock, Google Cloud Vertex AI et Microsoft Foundry, au même tarif qu'Opus 4.6 (5 dollars par million de jetons en entrée et 25 dollars par million de jetons en sortie)[53].

Claude 4.8

Le 28 mai 2026, Anthropic publie Claude Opus 4.8, présenté comme une mise à niveau d'Opus 4.7 et son modèle public le plus performant. L'entreprise met en avant des gains sur plusieurs jeux d'évaluation en programmation, en compétences agentiques, en raisonnement et en tâches de travail intellectuel. Selon Anthropic, le modèle signal plus volontiers ses incertitudes et produit moins d'affirmations non étayées que son prédécesseur[56]. La sortie intervient environ six semaines seulement après celle d'Opus 4.7, marquant une accélération du rythme de mises à jour.

Le modèle est proposé au même tarif qu'Opus 4.7 (5 dollars par million de jetons en entrée, 25 dollars en sortie). Un « mode rapide » (fast mode), facturé 10 et 50 dollars par million de jetons, fonctionne à 2,5 fois la vitesse. La version introduit un réglage laissant l'utilisateur doser l'effort de réflexion du modèle, ainsi qu'une fonctionnalité « dynamic workflows » dans Claude Code, en aperçu de recherche, capable d'orchestrer de nombreux sous-agents en parallèle pour des tâches de grande ampleur[57]. Selon Anthropic, Opus 4.8 demeure moins performant que Claude Mythos, dont l'entreprise annonce un déploiement élargi "dans les prochaines semaines"[58].

Claude Mythos Preview

Claude Mythos est un modèle de langage plus performant que Opus. Son existence a été révélée au grand public en mars 2026 à la suite d'une fuite de données liée à une vulnérabilité de configuration du CMS de l'entreprise[59],[60].

Souvent présenté comme une rupture technologique majeure dépassant les capacités de Claude Opus 4.6, ce modèle se distingue par ses performances en raisonnement complexe et en cybersécurité offensive (au prix cependant d'une consommation énergétique et de ressources de calcul très élevées)[61]. Sur les benchmarks de référence, Mythos surpasse significativement ses prédécesseurs, atteignant notamment 93,9 % au SWE-bench Verified et un score parfait de 100 % sur Cybench, où il a identifié des failles zero-day critiques dans le noyau Linux, ainsi que dans OpenBSD et FFmpeg[62],[63]. Ses capacités d'analyse scientifique sont également notables avec un score de 94,6 % au test GPQA Diamond, surpassant le niveau d'experts humains titulaires d'un doctorat[62].

Face aux risques de détournement de Mythos pour des attaques automatisées, Anthropic a décidé de ne pas rendre ce modèle accessible au public, et de créer un projet nommé « Projet Glasswing » chargé d'utiliser ses capacités en cybersécurité « pour aider à sécuriser les logiciels les plus critiques au monde, et pour préparer l’industrie aux pratiques que nous allons tous devoir adopter pour garder une longueur d’avance sur les cyberattaquants »[64].

Glasswing est un consortium qui, lors de son lancement, regroupait Amazon Web Services, Anthropic, Apple, Broadcom, Cisco, CrowdStrike, Google, JPMorganChase, la Linux Foundation, Microsoft, NVIDIA et Palo Alto Networks[65],[66]. Le groupe a été ensuite élargi à plus de 40 organisations supplémentaires qui construisent ou maintiennent des infrastructures logicielles critiques[67].

Le , l'entreprise publie une Hazard-Aware System Card (HASC) de 244 pages documentant les garde-fous et les comportements limites du système[68],[69]. Ce document révèle des incidents d'autonomie préoccupants lors de tests en environnement isolé (sandbox), incluant l'évasion du modèle par le contournement de restrictions logicielles, la modification de fichiers avec dissimulation dans l'historique Git, et des tentatives inattendues de communication externe. Bien qu'aucune capacité de réplication autonome n'ait été constatée, le passage à un délai d'exploitation des failles de l'ordre de quelques minutes est considéré par Anthropic comme un changement de paradigme pour la sécurité informatique, justifiant la décision de ne pas rendre le modèle public à ce jour[70].

Claude 5

Le 9 juin 2026, Anthropic lance Claude Fable 5, présenté comme un modèle de classe Mythos rendu accessible au grand public grâce à des garde-fous : certaines requêtes sensibles, notamment en cybersécurité, sont automatiquement redirigées vers le modèle Claude Opus 4.8. Pour les membres du projet Glasswing, l'entreprise déploie Claude Mythos 5, le successeur de Claude Mythos Preview[71].

Le 12 juin 2026, soit seulement quelques jours après le lancement, Anthropic suspend l'accès à Fable 5 pour l'ensemble de ses clients, à la suite d'une directive de contrôle des exportations du gouvernement américain interdisant l'accès à ces modèles à tout ressortissant étranger. La nationalité ne pouvant être vérifiée en temps réel, l'entreprise désactive les deux modèles pour tous les utilisateurs, ses autres modèles restant accessibles[72]. Fable 5 est finalement redéployé au grand public le après la levée des restrictions[73].

Le 30 juin, Anthropic lance Claude Sonnet 5[74].

Transparence

Anthropic a publié en 2024 un document[75] expliquant quels sont les prompts système utilisés par Anthropic pour censurer ou moduler certains des comportements de Claude ; et ce pour trois modèles d'intelligence artificielle : Claude 3.5 Sonnet ; Claude 3 Opus et Claude 3 Haiku[76]. Les utilisateurs peuvent par exemple comprendre comment Claude est censé répondre aux questions concernant des sujets controversés (avec des phrases approfondies et claires, sans rappeler que le sujet est sensible ou prétendre qu'il fournit des faits objectifs)[76].

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Microsoft Copilot

Microsoft Copilot est un chatbot développé par Microsoft et lancé le . Fondé sur un grand modèle de langage, il est capable de citer des sources, de créer des poèmes et d'écrire des chansons. Il s'agit du principal remplaçant de Cortana, dont la commercialisation a été interrompue[1].

Le service a initialement été lancé sous le nom de Bing Chat, en tant que fonctionnalité intégrée à Microsoft Bing et Microsoft Edge. Au cours de l'année 2023, Microsoft a commencé à unifier la marque Copilot dans ses différents produits de chatbot. Lors de sa conférence Build 2023, Microsoft a annoncé son intention d'intégrer Copilot dans Windows 11, permettant aux utilisateurs d'y accéder directement via la barre des tâches[1]. En , une touche Copilot dédiée a été annoncée pour les claviers Windows[2].

Touche Copilot (au centre) sur un ordinateur portable Lenovo Legion 7i. Cette touche remplace la touche menu pour les claviers licenciés compatibles avec Microsoft Windows.

Copilot utilise le modèle Prometheus de Microsoft, construit à partir de modèles de fondation d'OpenAI tel que GPT-4, qui ont été ajustés à l'aide de techniques d'apprentissage supervisé et par renforcement. Le style de l'interface conversationnelle du chatbot ressemble à celui de ChatGPT. Copilot est capable de communiquer dans de nombreuses langues et dialectes.

Microsoft exploite Copilot selon un modèle freemium. Il permet aux utilisateurs de son niveau gratuit d'accéder à la plupart des fonctionnalités, tandis que l'accès prioritaire aux nouvelles fonctionnalités, y compris la création de chatbots personnalisés, est fourni aux abonnés payants sous le nom commercial "Microsoft Copilot Pro". Plusieurs chatbots par défaut sont disponibles dans la version gratuite de Microsoft Copilot, y compris le chatbot Copilot standard et Microsoft Designer, qui est orienté vers l'utilisation de son créateur d'images pour générer des images basées sur des invites textuelles[3].

Contexte et historique

En 2019, Microsoft fait d'OpenAI un partenaire, et y investit des milliards de dollars[4]. Microsoft construit en 2020 pour OpenAI un superordinateur doté de plus de 10 000 processeurs graphiques, et employant la plateforme sur Microsoft Azure[5]. En , Microsoft dit avoir obtenu de OpenAI la licence exclusive de GPT-3. Les utilisateurs peuvent continuer à envoyer des requêtes et recevoir des réponses, mais seul Microsoft a directement accès au modèle sous-jacent[6].

En 2022, OpenAI lance ChatGPT (chatbot fondé sur GPT-3.5), qui attire l'attention mondiale dès son lancement en novembre. Le , Microsoft annonce 10 milliards de dollars d'investissement sur plusieurs années dans OpenAI[7]. Le , Google annonce de son côté Bard (rebaptisé plus tard Gemini), un service de chatbot concurrent de ChatGPT[8]. Des médias et analystes financiers estiment que Google a précipité le lancement de Bard pour devancer l'événement de lancement de Copilot par Microsoft prévu le [9], et pour éviter de « courir après » Microsoft[10].

En 2024, Microsoft lance en janvier un service premium Microsoft Copilot Pro (à 22 € TTC par mois)[11], qui donne un accès prioritaire aux modèles les plus récents en périodes de forte utilisation, et donnant accès à Copilot GPT Builder qui permet de créer des chatbots Copilot personnalisés, et d'obtenir une résolution plus élevée pour les images générées par le créateur d'images de Microsoft Designer[3]. La fonctionnalité Copilot GPT Builder sera supprimé plus tard dans l'année[12]. Cette même année 2024, Microsoft lance des normes pour des ordinateurs sous Windows intégrant une IA matérielle. Ces ordinateurs incluent une puce d'accélération de réseaux de neurones (NPU pour Neural Processing Unit) et un bouton « Copilot » sur le clavier, qui remplace la touche de menu. Si Copilot est désactivé ou non accessible dans la région géographique, la touche de menu lance Windows Search[13],[14]. Le , lors d'un événement Microsoft Surface, Microsoft lance "Copilot Plus", une marque d'ordinateurs utilisant Windows 11 et dotée de capacités supplémentaires en termes d'IA[15],[16].

Lors de l'anniversaire de Microsoft, une importante mise à jour de Copilot est déployée comprenant : une mémoire pour retenir les informations importantes de l'utilisateur, la fonctionnalité Deep Research qui permet à Copilot de fournir à l'utilisateur une réponse plus claire et détaillée grâce à un raisonnement, la fonctionnalité "pages" permet de modifier manuellement la réponse de Copilot à la manière d'un éditeur de texte, Copilot Action qui permet au chatbot de faire des recherches et des actions sur le web à la demande de l'utilisateur avec cette fonctionnalité Copilot devient un agent IA, Copilot Vision qui permet au chatbot de voir ce que fait l'utilisateur sur son écran ou à travers sa caméra et de l'assister, Copilot peut également générer des podcasts[17],[18],[19]. Copilot se dote également d'un visage avec la fonctionnalité Mico[20].

Mi 2025, Microsoft lance Mu, un micro-modèle de langage (à 330 millions de paramètres), nativement intégré dans les ordinateurs labellisés Copilot+ et fonctionnant sous Windows 11 sur les NPU (Neural Processing Units) de ces ordinateurs, sans besoin d'accès au Cloud ni de connexion à internet. Mu succède à Phi-Silica, en tant qu'IA agentique permettant à l'utilisateur d'interagir avec le système Windows via le langage naturel (Mu comprend et exécute des commandes concernant les réglages de l'ordinateur, telles que « augmenter la luminosité », « activer le Bluetooth », etc. avec une exécution locale très rapide (moins de 500 ms), une génération de texte à 100–200 tokens/seconde, grâce à un préentraînement fait sur 3,6 millions d’exemples portant sur les paramètres système de Windows, mais Mu ne gère pas les conversations générales ou les sujets hors système[21].

Chatbots

Plusieurs chatbots étaient disponibles par défaut dans Microsoft Copilot, dont le chatbot standard de Copilot et Microsoft Designer, orienté vers la génération d'images à partir d'invites textuelles ; mais aussi d'autres « Copilot GPTs » (ex : planificateur de voyages, assistant culinaire, entraîneur personnel...)[3]. Les « Copilot GPTs » sont supprimés mi-2024 et Microsoft Designer obtient un site web à part[22],[12].

Plugins

Copilot disposait de plugins pour Instacart, Kayak, Klarna, OpenTable, Shop from Shopify et Suno AI[23],[24] mais ils sont supprimés au cours de l'année 2024.

Langues

Publicité pour Microsoft Copilot à Las Vegas (2025).

Copilot utilise de nombreuses langues et dialectes[25],[26]. Des journalistes de PCMag ont mené un test pour déterminer les capacités de traduction de Copilot, ChatGPT et Gemini, en les comparant à Google Traduction. Ils ont « demandé à des locuteurs bilingues de sept langues de passer un test à l'aveugle ». Les langues testées étaient le polonais, le français, le coréen, l'espagnol, l'arabe, le tagalog et l'amharique. Copilot a été jugé meilleur traducteur que Google Traduction, mais moins bon que ChatGPT[27]. Des chercheurs japonais ont comparé les capacités de traduction du japonais vers l'anglais de Copilot, de ChatGPT avec GPT-4 et de Gemini à celles de DeepL, obtenant des résultats similaires et notant que « les traductions des chatbots d'IA étaient bien meilleures que celles de DeepL – probablement en raison de leur capacité à saisir le contexte »[28].

Technologie

Copilot utilise le modèle Prometheus de Microsoft, basé sur un composant appelé Orchestrator, qui génère itérativement des requêtes de recherche, afin de combiner l'index de recherche et les résultats de Bing[29] avec les grands modèles de langage GPT-4[30],[31], GPT-4 Turbo[32] et GPT-4o d'OpenAI[33], qui ont été ajustés à l'aide de techniques d'apprentissage supervisé et par renforcement. Lors de la sortie du modèle GPT-5 par OpenAI, le modèle est également disponible via Copilot; il en sera de même lors de la sortie de GPT-5.1, qui est actuellement le modèle par défaut de Copilot.

Copilot, accessible par défaut via la barre des tâches de Windows, peut répondre à la commande vocale[34]. Copilot dans Windows peut également fournir des informations sur le site web que l'utilisateur est en train de consulter dans Microsoft Edge[35].

Mobile

Des applications Microsoft Copilot sont disponibles sur Android[36] et iOS[37].

Microsoft 365

Copilot peut être utilisé pour réécrire et générer des quantités plus importantes de texte, en réponse aux prompts des utilisateurs, via les services Microsoft 365 tels que Word, Excel, PowerPoint, Teams, Outlook et OneNote[25],[38]. Selon Jared Spataro (responsable de Microsoft 365) Copilot pour Microsoft 365 utilise Microsoft Graph, une interface de programmation (API) pour évaluer le contexte et les données utilisateur disponibles avant de modifier et d'envoyer les prompts au modèle de langage. Chaque résultat est aussi vérifié et traité par Microsoft Graph avant d'envoyer la réponse aux applications Microsoft 365[39].

Selon Microsoft, Copilot peut aider les utilisateurs à analyser des données dans Microsoft Excel en les formattant, en créant des graphiques, en générant des tableaux croisés dynamiques, en identifiant les tendances et en résumant les informations, ainsi qu'en guidant les utilisateurs en complétant et en expliquant des commandes Excel[25],[38]. Microsoft déclare également que Copilot est capable de créer des présentations PowerPoint qui résument des informations à partir de documents Word et de feuilles de calcul Excel sélectionnés par l'utilisateur, ou à partir des prompts des utilisateurs[38],[40]. De plus, cet outil peut ajuster la mise en forme du texte, le timing des animations et le style et la durée de la présentation en fonction des prompts des utilisateurs ; Microsoft affirme que cela éliminera le besoin pour les utilisateurs d'apporter des modifications manuelles[25],[38].

Dans Microsoft Outlook, Copilot peut rédiger des courriels de différentes longueurs et tonalités, en fonction des informations fournies par l'utilisateur[25]. Pour cela Copilot peut aussi extraire des informations pertinentes d'autres emails[38].
Copilot peut aussi résumer des fils de discussion d'emails, y compris les points de vue des personnes impliquées ainsi que les questions posées qui n'ont pas encore reçu de réponse[25],[38]. Selon Microsoft, Copilot peut être utilisé dans Microsoft Teams pour présenter des informations pour les réunions à venir, transcrire les réunions et fournir des résumés (si un utilisateur rejoint une réunion en retard par exemple)[39]. Après la réunion, Copilot peut résumer les points de discussion, lister les actions importantes débattues et répondre à des questions posées en réunion[38]. Microsoft a publiquement introduit « Microsoft 365 Chat » (capable d'extraire des informations depuis diverses applications Microsoft 365, lui permettant de répondre aux questions des utilisateurs et de réaliser d'autres tâches)[38],[39],[41].

Introduction des agents d'IA dans une nouvelle interface unifiée de Copilot dans Microsoft 365

Au printemps 2026, Microsoft a déployé progressivement une mise à jour majeure de Copilot pour les applications Microsoft 365 (Word, Excel et PowerPoint)[42]. Cette mise à jour a harmonisé les interfaces entre les différentes applications, en introduisant un nouveau point d'accès à Copilot[43]. Par exemple, dans Word 365, la petite icône Copilot en noir et blanc située à gauche du paragraphe actuellement sélectionné a été abandonnée au profit d'une icône Copilot plus grande et en couleur, située dans le coin inférieur droit de l'écran, comme dans Excel et PowerPoint[44].

Cependant, les changements récemment mis en œuvre allaient bien au-delà d'une simple modification de l'interface graphique. Par exemple, dans Word 365, Copilot pour Microsoft 365 s'appuie désormais sur des agents d'IA capables d'intervenir directement et activement dans le processus de rédaction. Lorsqu'un agent est déclenché, il ouvre le volet vertical droit de Copilot, couramment utilisé pour discuter avec Copilot, et affiche clairement l'invite que Copilot utilise pour apporter des modifications au texte ou à l'ensemble du document. Cette nouvelle façon de travailler peut initialement désorienter l'utilisateur habitué à Word, car le flux de travail de Copilot a considérablement changé :

  • Ancien flux de travail : l'auteur rédige un brouillon → sélectionne le texte (surligné) → demande à Copilot de réécrire en ligne → l'auteur décide ce qu'il accepte ou rejette.
  • Nouveau flux de travail : l'auteur déclenche un agent → le volet de droite s'ouvre et affiche une carte d'exécution en plusieurs étapes → l'auteur décide d'accepter ou de rejeter.

Les premiers retours des utilisateurs de Microsoft 365 sur le forum Techcommunity.microsoft.com sont généralement mitigés[44]. La plupart des utilisateurs sont déconcertés par la nouvelle interface, et surtout par la disparition du bouton Copilot dans le ruban de l'application. Nombreux sont ceux qui n'ont pas encore aperçu l'icône Copilot colorée dans le coin inférieur droit de leur écran, surtout sur un grand écran (27 pouces). Sur Windows 11, le nouveau widget flottant, censé être moins envahissant, suscite de nombreuses critiques[44]. Avec l'ancien flux de travail, de nombreux utilisateurs avaient le sentiment de mieux contrôler l'IA générative, mais le processus s'avérait chronophage et fastidieux. En revanche, le nouveau flux de travail piloté par des agents d'IA est plus automatique et transparent, car les invites par défaut sont visibles et mieux expliquées dans le volet de droite, mais le processus peut initialement donner un sentiment de perte de contrôle sur les agents d'IA. Pour les rédacteurs expérimentés, la première question est de savoir si les agents Copilot ne deviennent pas désormais les premiers pilotes de leurs textes, car l'utilisation d'agents d'IA pourrait complètement chambouler le processus de rédaction. Cela soulève à nouveau des préoccupations éthiques liées à l'IA dans le processus d'écriture, en particulier pour les auteurs scientifiques et les étudiants. Quel est le degré d'originalité des textes assistés par des agents d'IA ? Qu'en est-il du plagiat avancé piloté par l'IA ? Comment évaluer la valeur ajoutée personnelle des auteurs ? L'utilisation d'agents d'IA devrait-elle désormais être systématiquement déclarée lors de la rédaction d'une publication scientifique ou d'une thèse de doctorat ? Les universités et les éditeurs scientifiques devront probablement répondre à nouveau aux questions inattendues soulevées par cette approche inédite de l'écriture assistée par des agents d'IA.

Copilot Health

Copilot Health est un service d'IA spécialisée en santé, relancé par Microsoft en 2026, deux mois après le lancement (le ) de l'IA concurrente Claude for Healthcare (une déclinaison médicale du modèle Claude d'Anthropic), et presque au moment où Amazon lance une autre IA dédiée à la santé (pour ses clients américains uniquement).

Microsoft en est à son second essai : c'est une refonte d'une première tentative antérieure, qui  précise le GAFAM  ne vise pas à remplacer les médecins, mais à aider les utilisateurs à mieux préparer leurs consultations, comme le rappelle la clause de non-responsabilité de Microsoft en bas de chaque communication de Copilot Health : le produit n'est pas destiné à diagnostiquer, traiter ou prévenir les maladies, et ne remplace pas un avis médical professionnel[45]. Micorsoft affirme que ses services précédents (diverses versions de copilot) recevaient déjà plus de 50 millions de questions sur la santé chaque jour ; et que l'analyse de plus de 500 000 conversations (anonymisées) sur la santé avec Copilot a montré qu'environ un échange sur cinq concernait l'auto‑évaluation de symptômes, avec une forte hausse des questions de santé le soir et la nuit (quand l'accès aux soins est plus difficile), avec une part notable des demandes concernant sur la santé d'un proche ou la navigation dans le système médical (comme trouver un prestataire ou comprendre sa couverture d'assurance)[46],[47].

Ce service, ouvert dans un premier temps aux seuls résidents des États-Unis, est conçu comme un espace sécurisé, distinct au sein de Copilot où l'utilisateur peut agréger des dossiers médicaux, des données issues d'objets connectés et des historiques de santé, puis les faire analyser par une intelligence médicale avancée pour en tirer des informations personnalisées et exploitables afin de mieux préparer ses rendez-vous médicaux et améliorer son parcours médical.

Selon Microsoft :

  • cette IA s'appuie sur des sources médicales vérifiées, sur un vaste réseau de prestataires américains et sur des technologies internes telles que MAI‑DxO ; « sur des informations issues d'organisations médicales crédibles dans 50 pays, validées par une équipe clinique selon les principes de la National Academy of Medicine, et en fournissant des citations claires ainsi que des contenus rédigés par des experts de Harvard Health ; et (aux États-Unis) le service permet aussi de rechercher facilement un médecin acceptant l'assurance de l'utilisateur grâce à une connexion en temps réel aux annuaires de prestataires américains[48]. » ;
  • cette IA applique des standards stricts de confidentialité, de sécurité et de gouvernance de l'IA, notamment la certification ISO/IEC 42001, et fait l'objet d'un déploiement progressif accessible d'abord via liste d'attente aux adultes anglophones aux États‑Unis[48].

Ce nouvel outil est accueilli avec prudence par les experts du milieu médical. S'il peut aider à l'accessibilité des données médicales, il présente cependant des risques de confidentialité[45].

Notes et références

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  45. 1 2 (en) Ana-Maria Stanciuc, « Microsoft launches Copilot Health », sur TNW | Health-Tech, (consulté le ).
  46. (en-US) « Health Check: How People Use Copilot for Health », sur Microsoft AI (consulté le ).
  47. (en) Beatrice Nolan, « Microsoft launches Copilot Health, a dedicated space for personal health data and AI-driven insights », sur Fortune (consulté le ).
  48. 1 2 (en-US) « Introducing Copilot Health », sur Microsoft AI (consulté le ).
Source Wikipédia (CC BY-SA 4.0) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Microsoft_Copilot
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Perplexity AI

Perplexity AI
Histoire
Fondation
Cadre
Type
Forme juridique
Domaine d'activité
Siège
Pays
Organisation
Effectif
52 employés ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Fondateurs
Aravind Srinivas, Denis Yarats (en), Andrew Konwinski (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Produit
Perplexity (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web
Identifiants
OpenCorporates
Perplexity.ai (2024).

Perplexity AI AI » pour artificial intelligence, intelligence artificielle ou IA en français)  ou simplement Perplexity  est une entreprise américaine d'IA et le nom de son logiciel en tant que service utilisable dans un navigateur web ou une application propriétaire.

L'entreprise commercialise différents services : Perplexity, un moteur de recherche et agent conversationnel, Perplexity Assistant, un assistant virtuel, et Comet, un navigateur web comprenant une IA intégrée nommée Comet Assistant.

Historique

Perplexity AI est une société américaine sise à San Francisco (Californie), fondée en par quatre anciens employés de Google AI (Andy Konwinski (en), Aravind Srinivas, Denis Yarats (en) et Johnny Ho), experts dans les domaines des systèmes back-end, de l'IA et de l'apprentissage automatique[réf. nécessaire]. La société est dirigée par Aravind Srinivas, un informaticien né en Inde spécialisé dans l'apprentissage profond, doctorant à l'université de Californie (Berkeley) avant de travailler chez OpenAI et DeepMind, où il a collaboré avec Ashish Vaswani, l'inventeur du « transformeur » qui a dopé l'IA[1].

En , l'entreprise lève 25,6 millions de dollars, les financements provenant notamment de l'ancien PDG de GitHub, Nat Friedman, et du scientifique en chef de Meta, Yann Le Cun[2]. Cela lui permet de répondre à plus de 500 millions de requêtes en 2023, sans publicité ni marketing. Son site reçoit 45 millions de visites en contre 2,2 millions en , peu après l'ouverture du site[réf. nécessaire].

Partage des revenus avec les médias

Après avoir été accusé de plagiat pour des infractions au copyright[3],[4], Perplexity transforme en 2024 son modèle économique. Elle diversifie ses revenus au-delà des abonnements, par la publicité en ligne sur sa plateforme, en intégrant des vidéos publicitaires ou des « questions sponsorisées » sous les réponses générées par les requêtes des utilisateurs[5],[6]. Ce changement permet à la société de partager avec les médias une part des revenus générés par ses revenus publicitaires, lorsque leurs contenus sont cités comme sources dans les réponses[6]. À cette fin, en , l'entreprise passe un accord avec Time, Fortune et Der Spiegel[7],[8], puis en et , avec respectivement Humanoid (Numerama et Frandroid) et Le Monde. De plus, ces médias disposent d'un accès aux services professionnels de l'entreprise, notamment d'aide à la rédaction, et implémentent sur leur site web un moteur de recherche interne utilisant l'IA de Perplexity[9],[10],[11].

Le pourcentage exact du partage n'est pas connu, mais il peut atteindre jusqu'à 25 % des revenus publicitaires liés à une réponse citant un éditeur, selon un système de plafonnement et une répartition proportionnelle au nombre de liens cités[12].[pertinence contestée]

Le , un jour avant la date de la restriction de TikTok aux États-Unis, l'entreprise propose de fusionner avec TikTok US[13],[14]. En mars, bien que ByteDance n'ait pas annoncé vouloir vendre TikTok USA, elle réitère sa proposition d'achat de TikTok, pour au moins 50 milliards de dollars, tout en proposant de publier son algorithme en open source, d'héberger ses données aux États-Unis, d'améliorer la personnalisation et la recherche sur la plateforme. Perplexity affirme être mieux placée que les GAFAM pour éviter un nouveau monopole, alors que d'autres acheteurs possibles sont Microsoft, Oracle et le Project Liberty de Frank McCourt[15].

Actionnariat et valorisation

Début 2024, la structure du capital de la société connait d'importants changements à la suite de plusieurs augmentations de capital contribuant à l'accroissement de la valorisation de l'entreprise. En , la société de capital risque IVP (en), valorise la société à environ 520 millions de dollars[16]. Elle annonce avoir levé 73,6 millions de dollars auprès d'un groupe d'investisseurs, dont le fondateur de Nvidia, Jeff Bezos, fondateur d'Amazon, ainsi que New Enterprise Associates, NVIDIA, Databricks (en) et Bessemer Venture Partners[réf. nécessaire]. En , une nouvelle augmentation de capital à hauteur de 165 millions de dollars valorise l'entreprise à plus d'un milliard de dollars. En , un montant de 500 millions de dollars, également conduit par IVP, porte sa valorisation à environ 9 milliards de dollar[17].

En , un apport de 500 millions de dollars supplémentaires dirigé par Accel, une autre société de capital risque, fait grimper la valorisation à 14 milliards de dollars[17]. En , elle est valorisée 18 milliards de dollars[17].

Services

Perplexity AI

Perplexity combine un moteur de recherche et un agent conversationnel, permettant aux utilisateurs d'obtenir en quelques secondes des réponses sourcées ainsi que des citations extraites de ces dernières[18]. L'interface génère également des questions associées[2]. Pour son créateur, Aravind Srinivas, ce service est un « moteur de réponse » plutôt qu'un moteur de recherche[18].

Il fonctionne grâce à un système alimenté par plusieurs grands modèles de langage (LLM), dont celui d'OpenAI et le modèle open source LLaMA de Meta (la société mère de Facebook), pouvant à la fois produire et résumer des informations. Ce service est disponible dans une version gratuite et dans une version payante disponible par abonnement, toutes deux utilisables directement dans un navigateur web ou au moyen d'une application propriétaire.

En janvier 2025, Perplexity lance ses propres modèles propriétaires, Sonar et Sonar Pro, également accessibles via une interface de programmation (API)[19]. Construits sur la base de Llama 3.3 70B et optimisés pour la recherche en temps réel et la génération de réponses sourcées, ces modèles intègrent des citations en ligne. Sonar Pro propose une fenêtre de contexte de 200 000 tokens[20]. À partir de février 2025, l'inférence des modèles Sonar est exécutée sur l'infrastructure de Cerebras Systems[21].

Perplexity Assistant

En , la société commercialise Perplexity Assistant, un assistant virtuel vocal disponible pour tous les systèmes d'exploitation via l'application Perplexity. Ce service permet d'automatiser diverses fonctions comme la gestion d'e-mails, la planification, ou la comparaison de produits, et d'exécuter de manière autonome des tâches complexes[22],[23],[24]

Multimodal, l'assistant comprend le contenu affiché à l'écran, peut utiliser la caméra pour analyser ce qu'on lui montre et s'intègre à d'autres applications comme Spotify, YouTube ou Uber[24].

Comet

En , la société diffuse Comet, un navigateur web fondé sur Chromium et doté d'une intelligence artificielle intégrée[25] nommée Comet Assistant[26].

L'agent IA, présent dans une barre latérale du navigateur, analyse en temps réel le contenu des pages ouvertes. Il peut répondre à des questions sur des vidéos, des documents ou des articles, résumer du contenu, comparer des informations entre plusieurs onglets et assister dans des actions pratiques comme la prise de rendez-vous ou les achats[25],[26]. Il s'appuie sur les modèles de langage de Perplexity, qui fournissent des réponses accompagnées de références. Le navigateur est compatible avec les extensions Chrome et permet l'importation des favoris et paramètres d'autres navigateurs fondés sur Chromium[26].

D'abord accessible sur invitation puis via le forfait premium, le navigateur est en accès libre dans une version limitée disponible uniquement sur Windows et MacOS le [27].

Fin , Comet arrive comme application pour smartphone sur le Google Play Store[28]. L'application ne permet pas à sa sortie de synchroniser son historique de navigation et des favoris entre les applications mobiles et de bureau[29]. Cette fonctionnalité tout comme l'application pour iPhone sont annoncées pour « très bientôt » mais aucune date de sortie n'a été communiquée[28].

Communication

Origine du nom

Le nom Perplexity provient du vocabulaire de la théorie de l'information, où la notion de perplexité mesure le degré d'incertitude dans la prédiction de données. Autrement dit, si le modèle prédit bien les données, la perplexité est faible, et si le modèle se trompe souvent, la perplexité est élevée.

Ce nom reflète l'objectif de Perplexity AI de réduire l'incertitude et la perplexité des utilisateurs en leur fournissant des réponses précises et sourcées[1].

Controverses

Allégations de violation de droits d'auteur sur le contenu

En , Forbes critique publiquement Perplexity pour avoir largement utilisé le contenu d'un de ses articles propriétaires sans mentionner ni citer sa source de manière visible. En réponse, Srinivas reconnait les faits, mais maintient que sa société ne fait qu'« agréger » des informations plutôt que de les plagier[30],[31]. Le même mois, Dow Jones et le New York Post intentent une action en justice contre la société, alléguant une violation du droit d'auteur et des attributions de citations erronées à un article sur les avions F-16 pour l'Ukraine, qui n'ont jamais figuré dans l'article original[32].

Le , le New York Times envoie une mise en demeure à l'entreprise pour qu'elle cesse d'accéder au contenu du journal et de l'utiliser, en violation de ses droits d'auteur⁣⁣, en récupérant des données de son site web[33]. Perplexity répond dans un article de blog aux poursuites le . Il déclare que les plaintes sont trompeuses et réitère être ouvert aux programmes de partage des revenus[34].

En , la BBC menace d'intenter une action en justice contre Perplexity AI, exigeant que la société cesse le web scraping non autorisé de son contenu, supprime tout le contenu conservé par la BBC utilisé dans la formation de ses modèles et fournisse une compensation financière pour la violation de ses droits de propriété intellectuelle[35]. Le , le journal japonais Yomiuri shinbun intente une action en justice contre Perplexity pour « parasitisme » de 120 000 articles de la publication entre février et [36]. Le même mois, deux autres sociétés de presse japonaises, Asahi shinbun et Nihon keizai shinbun, intentent également une action en justice contre la société pour violation présumée du droit d'auteur[37].

Parasitisme de marque déposée

Le , Perplexity est poursuivie aux États-Unis pour violation présumée de marque par Perplexity Solved Solutions (PSS), une société de logiciels fondée en 2017[38]. La poursuite affirme que l'utilisation du nom « Perplexity » par Perplexity AI viole la marque déposée au niveau fédéral de PSS et pourrait entraîner une confusion chez les consommateurs. PSS a précédemment décliné une offre de Perplexity AI pour acheter la marque en 2023. La poursuite vise à empêcher Perplexity AI d'utiliser le nom dans son image de marque et son marketing[39].

Robots d'exploration web furtifs

En , des enquêtes distinctes menées par le magazine Wired et le développeur web Robb Knight révèlent que Perplexity ne respecte pas le protocole d'exclusion des robots, ce qui pourrait inclure des demandes aux robots d'indexation de s'abstenir d'extraire des sections du contenu du site. Perplexity conteste ces affirmations et publie les plages d'adresses IP et les chaînes d'agent utilisateur (en) de ses robots d'exploration, mais selon Wired et Robb Knight, ils utilisent des adresses IP non divulguées et des chaînes d'agent utilisateur usurpées pour ignorer le fichier robots.txt[40],[41]. En réponse, Srinivas déclare que Perplexity n'ignorait pas le fichier robots.txt, mais suggère qu'elle s'appuyait sur des robots d'exploration tiers qui le faisaient[42]. Interrogé, Srinivas refuse d'assurer que Perplexity cessera d'extraire le contenu de Wired en faisant appel à des tiers[42].

En , Cloudflare publie une étude révélant que Perplexity utilise des robots d'exploration web « furtifs » non déclarés pour contourner les pare-feu des applications web et les fichiers robots.txt destinés à bloquer les robots d'exploration de Perplexity[43],[44]. Le PDG de Cloudflare, Matthew Prince (en), tweete que Perplexity se comporte « davantage comme des pirates informatiques nord-coréens » que comme une entreprise d'IA réputée[45]. Perplexity dément publiquement ces allégations, les qualifiant de « coup de pub charlatan »[46].

Notes et références

  1. 1 2 (en) Joanne Chen, « How Perplexity.ai Is Pioneering The Future Of Search » Accès libre, Forbes, (consulté le ).
  2. 1 2 (en-US) Kyle Wiggers, « AI-powered search engine Perplexity AI lands $26M, launches iOS app », sur TechCrunch, (consulté le ).
  3. (en) Randall Lane, « Why Perplexity's Cynical Theft Represents Everything That Could Go Wrong With AI » Accès libre, sur Forbes, (consulté le ).
  4. (en) Ray Schultz, « Conde Nast Warns Perplexity About Alleged Content Scraping: Report » Accès libre, sur mediapost.com, (consulté le ).
  5. (en) Mastering AI for Marketing: The Unique Dynamics of Perplexity, sur Infotrust.com, 15 janvier 2025.
  6. 1 2 (en) Comment Perplexity veut marier IA générative et publicité, sur Cafetech.fr, 24 septembre 2024.
  7. Bloomberg, « IA : Perplexity passe un accord avec des médias comme « Time » ou « Fortune » pour pouvoir utiliser leurs contenus », Le Monde, (lire en ligne Accès libre, consulté le ).
  8. Perplexity Publishers : vers un nouveau modèle de partage de revenus, sur Actuia.com, 8 février 2024.
  9. Julien Cadot, « Numerama s'associe avec Perplexity, une première en France » Accès libre, sur Numerama, .
  10. AFP, « Intelligence artificielle : «le Monde» signe un accord avec Perplexity pour l'utilisation de ses articles » Accès libre, Libération, (consulté le ).
  11. Chloé Woitier, « IA : Perplexity signe avec l'éditeur de Numerama son premier partenariat avec un média français » Accès payant, Le Figaro, (consulté le ).
  12. (en-US) Sara Guaglione, « How Perplexity calculates publishers' share of ad revenue » Accès libre, sur Digiday, (consulté le ).
  13. (en-US) Anthony Ha, « Perplexity AI submits bid to merge with TikTok » Accès libre, sur TechCrunch, (consulté le ).
  14. (en-US) Reuters, « Perplexity AI bids to merge with TikTok US amid looming ban, source says » Accès libre, sur USA Today, (consulté le ).
  15. AFP, « TikTok : Trump va suspendre la loi d'interdiction du réseau social et offre une porte de sortie à son actionnaire chinois » Accès libre, sur TV5 Monde, (consulté le ).
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  17. 1 2 3 Margaux Vulliet, « Valorisée 18 milliards de dollars, Perplexity poursuit sa ruée vers l'or de l'IA » Accès limité, Challenges, (consulté le ).
  18. 1 2 « Perplexity AI » Accès libre, sur Les Numériques, (consulté le ).
  19. (en) « Perplexity launches Sonar, an API for AI search », sur TechCrunch, (consulté le )
  20. (en) « Introducing the Sonar Pro API by Perplexity », sur Perplexity (consulté le )
  21. (en) « Cerebras Powers Perplexity Sonar with Industry's Fastest AI Inference », sur Cerebras, (consulté le )
  22. « Perplexity lance Assistant : un agent IA autonome sur Android », BDM, 24 janvier 2025.
  23. « En attendant un Siri plus intelligent, l'assistant vocal de Perplexity débarque sur iPhone », Les Numériques, 25 avril 2025.
  24. 1 2 « Perplexity veut remplacer l'Assistant Google sur votre smartphone, voici à quoi ça ressemble », L'Éclaireur FNAC, 24 janvier 2025.
  25. 1 2 Edward Back, « On a testé Comet, le navigateur qui bouscule tout : voici pourquoi Perplexity pourrait bien redéfinir notre rapport à Internet » Accès libre, sur Futura, (consulté le ).
  26. 1 2 3 Guillaume Serries, « J'ai testé le navigateur Comet de Perplexity, doté d'IA. Voici ce que vous devez savoir » Accès libre, sur ZDNet, (consulté le ).
  27. (en-US) Charles Rollet, « Find out how Perplexity wants to fight AI 'slop' with its latest browser » [« Perplexity rend son navigateur d'IA de 200 $ gratuit »] Accès libre, sur Business Insider, (consulté le ).
  28. 1 2 Florian Bayard, « Comet, le navigateur IA de Perplexity, arrive sur votre smartphone », sur 01net.com, (consulté le )
  29. (en-US) Emma Roth, « Perplexity brings its Comet browser to Android », sur The Verge, (consulté le )
  30. (en) Matt O'Brien, « AI startup Perplexity wants to upend search business. News outlet Forbes says it's ripping them off », Associated Press, (lire en ligne, consulté le ).
  31. (en) Randall Lane, « Why Perplexity's Cynical Theft Represents Everything That Could Go Wrong With AI », Forbes, (lire en ligne, consulté le ).
  32. (en-US) Bruell, « Wall Street Journal, New York Post Sue AI Startup Perplexity, Alleging 'Massive Freeriding' », The Wall Street Journal (consulté le ).
  33. (en) Davis, « The New York Times warns AI search engine Perplexity to stop using its content » Accès libre, sur The Verge, (consulté le ).
  34. (en-US) Todd Spangler, « AI Startup Perplexity Fires Back After News Corp's Dow Jones Sues: 'Adversarial' Media Companies 'Wish This Technology Didn't Exist' » Accès libre, Variety, (consulté le ).
  35. (en) Daniel Thomas, « BBC threatens legal action against AI start-up Perplexity over content scraping » Accès payant, The Financial Times, (consulté le ).
  36. (en) AFP, « Major Japan newspaper sues 'free-riding' AI firm Perplexity » Accès libre, The Japan Times, (consulté le ).
  37. « Asahi, Nikkei sue Perplexity AI over copyright infringement » Accès libre, Asahi shinbun, (consulté le ).
  38. (en-US) Wiggers, « AI startup Perplexity sued for alleged trademark infringement » Accès libre, sur TechCrunch, (consulté le ).
  39. (en-US) Brittain, Reuters, « Perplexity AI sued by software company for trademark infringement », (consulté le ).
  40. (en) Dhruv Mehrotra et Tim Marchman, « Perplexity Is a Bullshit Machine », Wired, (lire en ligne Accès limité, consulté le ).
  41. (en) « Perplexity AI is Lying about their User-Agent » Accès libre, sur Robb Knight, (consulté le ).
  42. 1 2 (en) Mark Sullivan, « Perplexity CEO Aravind Srinivas responds to plagiarism and infringement accusations » Accès libre, Fast Company, (consulté le ).
  43. (en-US) Lorenzo Franceschi-Bicchierai, « Perplexity accused of scraping websites that explicitly blocked AI scraping » Accès libre, sur TechCrunch, (consulté le ).
  44. (en) Dan Goodin, « AI site Perplexity uses "stealth tactics" to flout no-crawl edicts, Cloudflare says » Accès libre, sur Ars Technica, (consulté le ).
  45. (en) Michael Kan, « Cloudflare: Perplexity AI Acts Like North Korean Hackers, Ignores Scraping Blocks » Accès libre, sur PC Mag, (consulté le ).
  46. (en) Emma Roth, « Cloudflare says Perplexity's AI bots are 'stealth crawling' blocked sites » Accès limité, sur The Verge, (consulté le ).

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Source Wikipédia (CC BY-SA 4.0) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Perplexity_AI
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Conversation avec GPT 3.5 en français en 2023.
Informations
Créateur OpenAI
Première version (3 ans, 226 jours)
Dernière version GPT-5.4 ()[1]Voir et modifier les données sur Wikidata
État du projet Développement actif
Écrit en PythonVoir et modifier les données sur Wikidata
Environnement Navigateur web, interface de programmation et cloud computingVoir et modifier les données sur Wikidata
Langues Multilingue et anglaisVoir et modifier les données sur Wikidata
Type Chatbot d'intelligence artificielle générative (d)
Transformateur génératif pré-formé
Grand modèle de langage
Service en ligne (en)
Site web
Dialogueur
Intelligence artificielle générativeVoir et modifier les données sur Wikidata
Politique de distribution Freemium
Licence Licence propriétaireVoir et modifier les données sur Wikidata
Site web chatgpt.comVoir et modifier les données sur Wikidata

ChatGPT, prononcé en français [t͡ʃat.ʒe.pe.te], est un agent conversationnel (chatbot) d'intelligence artificielle développé par OpenAI (prononcé [ɔ.pœn.ɛj.aj]). ChatGPT utilise des transformeurs génératifs préentraînés, comme GPT-5, pour générer du texte ou des images.

ChatGPT est capable de répondre à des questions, de tenir des conversations, de générer du code informatique, de faire des recherches sur Internet, d'écrire, de traduire ou encore de synthétiser des textes. Il peut le faire en tenant compte du contexte et de contraintes telles que le style d'écriture. Il peut aussi servir d'assistant vocal ou générer des images. Les abonnements payants (ChatGPT « Plus », « Team » et « Enterprise ») offrent un seuil d'utilisation plus élevé, ainsi que des fonctionnalités supplémentaires.

En raison de ses multiples capacités, ChatGPT suscite des inquiétudes quant aux risques de détournement à des fins malveillantes, de plagiat dans le monde universitaire et de suppressions d'emplois dans certains secteurs, en plus de soulever des préoccupations en matière de sécurité et de désinformation, car le modèle peut être utilisé pour créer des textes faux et des informations trompeuses.

ChatGPT est lancé en dans une version gratuite où il n'a pas accès à Internet comme source d'informations. Il bénéficie aussitôt d’une large exposition médiatique et reçoit un accueil globalement positif, bien que son exactitude factuelle soit critiquée. En , ChatGPT compte plus de 100 millions de comptes enregistrés, et la société OpenAI est alors valorisée à 29 milliards de dollars américains[2].

Caractéristiques

ChatGPT est un agent conversationnel à intelligence artificielle ou « chatbot », autrement dit un assistant virtuel qui utilise l'intelligence artificielle pour dialoguer avec ses utilisateurs[3]. Son nom est un mot-valise composé des mots anglais « chat » et « GPT »[4], « chat » désigne un dialogue en ligne et instantané[5], et « GPT » est un sigle signifiant « Generative Pre-trained Transformer » (« transformeur génératif préentraîné »)[5]. Le transformeur est une architecture d'apprentissage profond développée par Google[6].

Le robot conversationnel est disponible dans de multiples langues, dont le français, et offre des performances variables selon la langue[7],[8]. Il se souvient des messages précédents qui lui sont donnés par l'utilisateur au cours d'une même conversation[9]. Il est capable de répondre à des questions-tests dans un langage très proche de celui d'un humain, voire, selon la question, avec un niveau de performance supérieur à un répondant humain moyen[10],[11].

Il dispose également de capacités génératives permettant de produire du contenu textuel sur mesure. Le robot peut notamment générer des articles, essais ou poèmes sur différents tons et sujets[12]. Il est également utilisé pour produire et corriger du code informatique[13].

L'accès à ChatGPT est gratuit, avec des quotas d'utilisation limités[14]. Par défaut, les requêtes et les évaluations des utilisateurs sont enregistrées et peuvent être utilisées ultérieurement par OpenAI pour réentraîner ou affiner les modèles[15].

L'application mobile ChatGPT, lancée en sur iOS[16] et ensuite sur Android[17], intègre une technologie de reconnaissance vocale nommée Whisper qui permet de converser par la voix avec le robot[18].

ChatGPT peut répondre dans de nombreuses langues, mais fonctionne le mieux en anglais, car principalement formé sur un corpus anglophone (dont Wikipédia en anglais)[19].

ChatGPT a été entraîné de façon à réduire le taux de réponses fausses ou nocives. Par ailleurs, un filtrage est effectué par une API de modération, les sujets classifiés par exemple comme racistes, sexuels ou sexistes étant rejetés[20],[9].

De nombreux auteurs cherchent à comparer ChatGPT de manière anthropocentrée, c'est-à-dire par rapport à ce que pourrait faire un humain moyen dans un large éventail de domaines. Bubeck et al en 2023 lui prêtent des « étincelles d’IAG » et dans American Scientific Roivainen (2023) a estimé son équivalent QI verbal à 155, ce qui le placerait dans le top 0,1 % des candidats humains[21].

Modèles

L'utilisateur a le choix entre différents modèles que ChatGPT peut utiliser pour générer du texte.

Lors de son lancement, ChatGPT était basé sur GPT-3.5. En , OpenAI a introduit GPT-4, qui est plus lent mais nettement plus performant, et qui a par la suite été rendu disponible aux utilisateurs de ChatGPT ayant souscrit un abonnement payant[22]. En , OpenAI a sorti GPT-4o, qui est moins cher et plus performant que GPT-4, disponible gratuitement, et qui peut traiter et générer non seulement du texte, mais également du son et des images[23]. En , OpenAI a sorti GPT-4o mini, une version plus rapide de GPT-4o, et qui a remplacé GPT-3.5 sur l'interface de ChatGPT[24]. OpenAI a ensuite déployé o1, un modèle qui prend plus de temps pour réfléchir avant de générer une réponse, offrant ainsi de meilleures performances pour les tâches nécessitant des raisonnements complexes, notamment en sciences et en programmation[25]. En , OpenAI simplifie le choix des modèles en ne proposant dans ChatGPT que GPT-5 et des variantes de celui-ci (la version de base, une version de réflexion approfondie et une version « pro » nécessitant l'abonnement plus coûteux ChatGPT Pro)[26].

Modèle Date de déploiement Statut[27] Description
GPT-3.5 novembre 2022 retiré Premier modèle à être utilisé dans ChatGPT. Faisait à l'origine beaucoup d'erreurs factuelles appelées hallucinations[28]. A depuis été remplacé par GPT-4o mini[24].
GPT-4 mars 2023 retiré Plus puissant et moins rapide, introduit avec l'abonnement ChatGPT Plus. Capable d'analyser des images[29].
GPT-4o mai 2024 retiré Capable de traiter et générer du texte et du code informatique, mais aussi du son et des images. Plus rapide que GPT-4, et avec des performances globalement meilleures[30].
GPT-4o mini juillet 2024 retiré Plus petit et rapide que GPT-4o. A remplacé GPT-3.5 dans ChatGPT[24].
o1-preview septembre 2024 retiré Première version d'une série de modèles qui prennent le temps de réfléchir avant de générer une réponse. Plus lent, mais efficace pour les tâches nécessitant un raisonnement complexe, des compétences scientifiques ou des capacités en programmation[31].
o1 décembre 2024 retiré Successeur de o1-preview.
o1-mini septembre 2024 retiré Plus rapide que o1-preview, et 80% moins coûteux pour les utilisateurs de l'interface de programmation. Performant pour les tâches liées aux sciences et à la programmation, mais n'a pas des connaissances aussi générales que o1-preview[31].
o1-pro décembre 2024 retiré Basé sur le modèle à chaîne de pensée o1, mais avec significativement plus de capacités de calculs. Ce qui rend le modèle lent, et grand consommateur en ressources. Uniquement disponible avec l'abonnement pro.
o3-mini janvier 2025 retiré Successeur de o1-mini, plus performant[32].
o3-mini-high janvier 2025 retiré Variante de o3-mini mobilisant plus de capacité de calcul lors de la génération[32].
GPT 4.5 février 2025 retiré Surnommé « Orion », GPT-4.5 a été décrit comme un modèle « géant et coûteux » par Sam Altman. Il devrait également être le dernier modèle d'OpenAI à ne pas intégrer de chaîne de pensée[33].
GPT-4.1 avril 2025 retiré Un modèle initialement conçu pour les utilisateurs de l'API d'OpenAI, puis rendu disponible dans ChatGPT[34],[35]. Il est particulièrement adapté pour la programmation informatique, et se décline en trois versions: GPT-4.1, GPT-4.1 mini et GPT-4.1 nano[35].
GPT-4.1 mini avril 2025 retiré Version allégée de GPT-4.1 ayant remplacé GPT-4o mini en mai 2025[34].
o3 avril 2025 déprécié Successeur de o1 (il n'y a pas eu de modèle o2 afin d'éviter un conflit de marque). Il a notamment été utilisé dans le service de génération de rapport Deep Research[36],[37].
o4-mini avril 2025 retiré
GPT-5 août 2025 retiré GPT-5 est un modèle capable de déterminer si une réponse nécessite un temps de réflexion, et génère dans le cas contraire une question rapide. À sa sortie, il a remplacé tous les autres modèles dans ChatGPT. Les versions Thinking (« réflexion ») et pro incitent le modèle à passer plus de temps avant de générer des réponses, permettant ainsi de résoudre des problèmes plus complexes[26].
GPT-5.1 novembre 2025 déprécié Introduit un choix parmi plusieurs personnalités[38].
GPT-5.2 décembre 2025 actif Intègre comme source d'information l’encyclopédie anti-woke Grokipedia d’Elon Musk, elle-même alimentée par son IA controversée Grok[39],[40],[41].

Services complémentaires

OpenAI a également lancé des services les ChatGPT Search et Deep Research. ChatGPT Search est un moteur de recherche intégré à ChatGPT et générant des réponses sourcées avec des liens vers des sites internet[42]. Deep Research génère des rapports détaillés à partir de diverses sources disponibles sur internet[43].

ChatGPT Atlas, le navigateur web d'OpenAI propulsé par l'IA

Le , la société californienne annonce le lancement de son propre navigateur web, baptisé ChatGPT Atlas, « propulsé par l’IA et entièrement articulé autour de ChatGPT ». Basé sur le navigateur Chromium[44], et conçu pour concurrencer Google Chrome dans un contexte marqué par l’essor de l’intelligence artificielle, le projet vise, selon son directeur général Sam Altman, à proposer un navigateur « alimenté par l’IA et étroitement intégré à ChatGPT »[45].

Dans sa première version, ChatGPT Atlas, proposé exclusivement sur macOS  et « bientôt » sur Windows et mobiles Android et iOS[46] , intègre ChatGPT dans une barre latérale[47]. Le navigateur permet à l'agent conversationnel de parcourir le contenu d’une page et de fournir directement des informations ou une assistance contextualisée, sans nécessiter de copier-coller entre plusieurs onglets. Une fonctionnalité avancée, nommée ChatGPT Agent et réservée aux utilisateurs payants[48], lui permet de prendre le contrôle de la navigation : déplaçant lui-même le curseur, il peut remplir des formulaires, naviguer entre plusieurs pages pour réserver un billet d'avion, compléter un tableur en consultant des sources en ligne, ou encore repérer des recettes de cuisine en ajoutant ensuite les ingrédients correspondants au panier d'achat en ligne de l’utilisateur, avant validation par ce dernier[46],[44],[47]. Selon Altman, ce « mode agent », capable d’« utiliser Internet pour vous », incarne une « occasion rare, qui ne se présente qu’une fois tous les dix ans, de repenser ce que peut être un navigateur et comment l’utiliser »[45].

Face à ces nouvelles fonctionnalités pensées pour mieux répondre aux attentes des utilisateurs, OpenAI, maison-mère de ChatGPT, a pris en compte les préoccupations liées à la protection des données personnelles. L’entreprise souligne que l’historique permettant de relier plusieurs recherches afin d’en conserver le contexte peut être désactivé à tout moment, et qu’il est également possible d’utiliser une fenêtre de navigation privée qui déconnecte ChatGPT[46]. Bien que ces précisions visent à rassurer le public, elles doivent être replacées dans un climat de vigilance: en , Antoine Boutet, enseignant-chercheur à l’INSA Lyon, et Alexis Léautier, ingénieur à la CNIL, ont rappelé dans The Conversation que le modèle avait déjà divulgué certaines informations personnelles d’utilisateurs. Des données confidentielles saisies par un usager pourraient, selon eux, réapparaître involontairement dans les réponses adressées à d’autres[46].

ChatGPT Apps, la plateforme d’applications conversationnelles

Lors de l'OpenAI DevDay[49] d', la firme annonce le lancement de ChatGPT Apps, une plateforme d’applications. Cela fait suite à une première tentative d'introduire une plateforme de développement de composants graphiques basée sur ChatGPT, qui n'avait pas eu grand succès deux ans auparavant. L’entreprise propose aux équipes de développement un kit leur permettant d’interagir avec des applications par la voix et de transférer des données d'une application à une autre. Elles doivent pour cela distribuer leur application par le magasin d'applications de ChatGPT[50],[51].

Certains observateurs considèrent que sa capacité à héberger, lancer et intégrer des applications directement dans l’assistant en fait une sorte de système d’exploitation de l’IA, offrant un environnement où l’utilisateur peut effectuer plusieurs tâches et naviguer entre services sans quitter l’interface de conversation[52].

Fonctionnement

ChatGPT intègre le transformeur génératif pré-entraîné GPT-5 dans un format conversationnel. Le « pré-entraînement » de ce type de modèles consiste à prédire, étant donnée une partie d'un texte, le token suivant (un token, aussi appelé jeton, est un morceau de texte : typiquement un mot, une partie d'un mot, ou de la ponctuation[53]). Cet entraînement à prédire ce qui va suivre, répété pour un grand nombre de textes, permet à ces modèles d'accumuler des connaissances. Ils peuvent ensuite générer du texte semblable à celui ayant servi au pré-entraînement, en prédisant un à un les tokens suivants[54],[55]. Pour GPT-4o, l'entraînement a aussi été effectué sur des images et du son, le rendant capable de traiter et générer du texte, des images du son[30].

Pour la seconde phase d'apprentissage, des humains ont rédigé des requêtes, et les réponses correspondantes attendues. ChatGPT est entraîné à fournir des réponses similaires, ce qui le pousse à adopter un format conversationnel où il joue un rôle d'assistant[20].

Une troisième phase d'apprentissage utilise une technique d'apprentissage par renforcement appelée RLHF pour rendre le modèle plus véridique, utile et inoffensif. Un « modèle de récompense » a d'abord été entraîné à reconnaître les réponses que les humains approuvent ou non. ChatGPT a ensuite été entraîné à fournir des réponses qui satisfassent ce modèle représentant les préférences humaines[55],[20].

Après déploiement, ChatGPT continue d'être régulièrement entraîné, notamment à partir de la façon dont les utilisateurs jugent les réponses (pouces vers le haut ou vers le bas)[56].

Lorsque ChatGPT répond à un utilisateur, le texte de la conversation jusque-là est d'abord découpé en tokens, et chaque token est converti en vecteur qui en encode le sens[57] et la position dans le texte. À l'intérieur d'un transformeur comme GPT-5 se trouve une succession de couches d'attention et de courts réseaux de neurones. Les couches d'attention combinent les concepts entre eux, permettant de tenir compte du contexte et de relations complexes[58]. En sortie, le transformeur attribue un score à chaque token possible, et un token est sélectionné de façon partiellement aléatoire parmi ceux ayant le plus haut score. ChatGPT génère ainsi les tokens un à un, jusqu'à générer un token spécial indiquant la fin de la réponse[59].

Limites technologiques

ChatGPT présente encore certaines limites typiques des chatbots basés sur des grands modèles de langage :

  • Date de fin des connaissances : Les données utilisées pour le pré-entraînement de ChatGPT s'arrêtent à une certaine date, et ChatGPT n'a à la base pas connaissance des événements survenus après. La date de fin des connaissances de GPT-5 à sa sortie est le [60]. ChatGPT a néanmoins la capacité d'utiliser internet si besoin, notamment avec ChatGPT Search[42].
  • Qualité instable : La qualité des réponses de ChatGPT fluctue et n'augmente pas forcément d'une version à l'autre[61].
  • Biais : ChatGPT peut reproduire des biais hérités de ses données d'entraînement, par exemple des biais liés au genre[62] ou à la politique[63].
  • Hallucinations : ChatGPT peut générer des informations d'apparence plausible mais fausses. Ce phénomène était particulièrement marqué dans les premières versions[64],[65],[66].
  • Fenêtre de contexte : la taille maximale du prompt (fenêtre de contexte) de ChatGPT est limitée en nombre de tokens. Lorsque cette longueur est dépassée, le grand modèle de langage que ChatGPT utilise ne peut plus générer de texte, ce qui met fin à la conversation. Cela peut empêcher d'avoir de très longues conversations ou de fournir de longs documents dans le prompt. Par exemple, en , la taille de la fenêtre de contexte de GPT-4o était de 128 000 tokens[67].

Vérification d'âge

OpenAI annonce en le déploiement mondial d'un double système de vérification d'âge des utilisateurs, afin de pouvoir restreindre les contenus accessibles aux mineurs. Un système automatisé prédit l'âge à partir des données que ChatGPT collecte sur l'utilisateur. L'entreprise évoque par exemple les heures d'utilisation ou les sujets abordés, mais ne détaille pas l'ensemble des paramètres utilisés. Un second système consiste en une vérification d'identité confiée à l'entreprise américaine Persona Identities, Inc. Cela se fait soit à l'aide d'un document d'identité à scanner ou à photographier, en demandant à la personne de se photographier ou de se filmer pour une identification du visage à l'aide de données biométriques[68].

Utilisation

Le , le PDG d'OpenAI Sam Altman indique que le prototype, qui est alors gratuit, a atteint un million d'utilisateurs[69].

En , ChatGPT dépasse les 100 millions de comptes enregistrés, deux mois après son lancement, et en mars enregistre 1,6 milliard de visites[70], ce qui en fait l'application ayant eu la croissance la plus rapide alors[71].

Selon François Fleuret (professeur de l'université de Genève) le profil des premiers utilisateurs est assez varié : étudiants, enseignants, développeurs ayant besoin de bouts de code d'un programme informatique ou encore de professionnels souhaitant avoir des propositions de texte dans le cadre de la rédaction de mails à caractère sensible[72]. L'utilisation de ChatGPT dans l'éducation s'inscrit dans le cadre de l'IA pédagogique.

Le 1er mai 2023, Samsung bannit temporairement l'usage des outils d'IA générative comme ChatGPT, Microsoft Bing et Google Bard pour ses usages internes après avoir été victime d'une fuite de données propriétaires sensibles en avril. De potentielles violations de données personnelles, de propriété intellectuelle et des inexactitudes ont aussi été relevées dans les réponses de ChatGPT. De grandes banques ont alors limité l'accès à ChatGPT à leur personnel, notamment Bank of America, Citi, Deutsche Bank, Goldman Sachs, Wells Fargo et JPMorgan[73].

La version ChatGPT 4 permet la recherche en ligne, grâce à une intégration dans Bing. Cette fonctionnalité est désactivée le en raison de droits d'auteurs car elle permettait d'afficher l'intégralité de certaine pages web protégées par un paywall[74], puis réactivée fin dans la version payante, qui tient compte des interdictions de lecture inscrites dans le fichier d'exclusion robots.txt des pages web[75].

Dans les mois qui ont suivi la sortie de ChatGPT la littérature scientifique a analysé de nombreux nouveaux cas d'usage. Certains peuvent poser des « questions d'éthique, de droit d’auteur, juridiques et de transparence, de risque de partialité, de plagiat, de manque d’originalité, de contenu inexact avec risque d’hallucination »[76], de connaissances limitées, de citations incorrectes, de problèmes de cybersécurité et d’infodémie [77]. Les domaines concernés sont aussi divers que l'éducation et la formation[78], la santé publique[79], le secteur médical[80], la finance et le commerce[81], le marketing[82], le droit[83], l'écriture créative[84], le codage[85] ou encore la recherche scientifique et la rédaction scientifique[86].

Qui utilise ChatGPT ? Pour demander quoi ?

Une large étude[87] publiée en par OpenAI, en collaboration avec le National Bureau of Economic Research et des chercheurs universitaires de Harvard et Duke, est la première analyse économique fondée sur des données internes de ChatGPT, traitées par une méthodologie d'anonymisation garantissant la confidentialité (aucun message n'ayant été lu par des humains).

Selon ce travail : en , l'outil comptait plus de 700 millions d'utilisateurs hebdomadaires (contre 400 millions 7 mois plus tôt), envoyant 2,5 milliards de messages par jour (soit environ 29 000 requêtes par seconde), dont 70 % relevaient d'usages non professionnels, en forte croissance par rapport aux usages liés au travail (30 %).

Trois grands thèmes dominent les conversations (environ 78% des prompts) : la recherche d'informations, les conseils pratiques et la rédaction, tandis que la programmation (4,2 %) et la réflexion personnelle (1,9 %) restent encore marginales.

L'écriture est l'usage professionnel le plus fréquent (42 % des messages liés au travail, plus de la moitié pour les cadres et professions de gestion), deux tiers des requêtes consistant à modifier un texte existant plutôt qu'à en produire un nouveau.

La section 5.3 de l'étude distingue trois intentions principales de la part de l'utilisateur :

Catégorie Part des messages Description Exemples
Demande 49 % Demandes d'informations ou de conseils pour mieux décider ; première catégorie, en croissance la plus rapide et jugée de meilleure qualité par les utilisateurs. « Qui était président après Lincoln ? » ; « Comment établir un budget pour ce trimestre ? »
Exécution 40 % Requêtes où l'IA produit directement un contenu exploitable. « Réécris ce courriel de façon plus formelle » ; « Génère un code en Python » ; « Établis un plan de projet »
Expression 11 % Messages d'expression personnelle sans visée informationnelle ou productive. Réflexions personnelles, opinions, confidences

Ces catégories se distinguent par leur valeur économique : Exécution fournit directement un résultat, Demande soutient la prise de décision, et Expression n'a que peu de contenu économique. L'étude montre que les intentions se recoupent partiellement avec les thèmes d'usage : Demande est fréquent dans les conseils pratiques et la recherche d'information, et Exécution domine dans l'écriture et le multimédia. Pour les usages professionnels, la répartition diffère : Exécution représente 56 % des requêtes, contre 35 % pour Demande et 9 % pour Expression. Près de 35 % de l'ensemble des requêtes professionnelles sont des Exécution liés à l'écriture, et dans l'aide technique, Exécution et Demande apparaissent en proportions équivalentes.

Près de la moitié des messages proviennent de moins de 26 ans, et la proportion des utilisateurs ayant un prénom typiquement féminin a bondi ; passant de 37 % début 2024 à 52 % en . Les prénoms masculins sont nettement surreprésentés dans les usages techniques : l'« aide technique » (+6,2 %) et les « mathématiques » (+2 %) constituent les écarts les plus marqués, traduisant une orientation plus forte vers des requêtes spécialisées et analytiques. À l'inverse, les prénoms féminins apparaissent davantage associés aux usages liés à l'« écriture » (5,8 %) et aux « conseils pratiques » (1,1 %), ce qui suggère une plus grande implication dans des activités de rédaction, de formulation ou de guidance appliquée. Les écarts sont plus faibles pour les catégories intermédiaires : « recherche d'information » (+0,4 % en faveur des prénoms masculins) et « expression personnelle » (–0,4 % en faveur des prénoms féminins), ce qui traduit une relative parité[87].

L'adoption de ChatGPT progresse quatre fois plus vite dans les pays à revenu faible et intermédiaire que dans les pays riches. Les utilisateurs diplômés et occupant des professions qualifiées recourent plus à ChatGPT pour des usages professionnels, ils privilégient les requêtes de type Demande.

Selon l'étude, les bénéfices économiques sont considérables : une étude estime que les utilisateurs américains devraient en moyenne être indemnisés 98 $ pour renoncer à l'IA générative un mois, soit un surplus annuel d'au moins 97 milliards de dollars[88]. Plusieurs commentaires soulignent que ces résultats confirment l'usage de ChatGPT comme « copilote cognitif » améliorant la prise de décision et la productivité dans les emplois intensifs en savoir, au-delà des tâches automatisables[89],[90],[91],[92],[93].

Modèle économique

Dès son lancement en , ChatGPT a offert un accès gratuit à certains de ses modèles, comme GPT-3.5, GPT-4o ou GPT-5, mais avec un seuil d'utilisation. Les abonnements payants augmentent les seuils d'utilisation, et donnent accès à davantage de modèles. Ils donnent aussi accès à des fonctionnalités supplémentaires comme la génération d'images, l'analyse de données, la navigation sur internet, ou une forme de mémoire persistante des conversations précédentes[94].

Coûts d'exploitation

Bien que le coût moyen de chaque réponse soit relativement faible (de l'ordre de quelques centimes), Sam Altman, le PDG d'OpenAI, déclare en qu'OpenAI devra un jour monétiser l'application en raison de ses coûts de calcul « exorbitants »[69].

Bien qu'aucun chiffre précis n'ait été communiqué par la société, le professeur en apprentissage profond Tom Goldstein estime que les coûts d'utilisation de l'IA s'élèvent à environ 100 000 $ US par jour, soit près de trois millions de dollars par mois[95].

Consommation énergétique

Il convient de distinguer le coût énergétique de l’entraînement du coût de l’inférence (qui renvoie au coût d’exécution du modèle déjà entraîné pour traiter une entrée et produire une sortie).

Entraînement

L'entraînement est le processus initial visant à créer le modèle à partir de vastes ensembles de données. OpenAI ne publie pas de chiffres officiels[96]. Selon une estimation, l'entraînement de GPT-3 a duré 34 jours et consommé 936 MWh, ce qui correspond à peu près à la consommation quotidienne de 100 000 ménages européens moyens[97].

Dans la mesure où les modèles récents sont plus grands, leur entraînement nécessite souvent une énergie plus importante. Par exemple, GPT-3 a 175 milliards de paramètres[98] tandis que certains estiment que GPT-4 a plus de 1 000 milliards de paramètres[99]. Selon une estimation de AI Index, l'entraînement de GPT-3 a émis 588 tonnes de CO2, contre 5184 pour GPT-4[100].

Il faut également prendre en compte les étapes qui consistent à trouver les meilleurs hyperparamètres. En effet, en pratique, les équipes d'ingénieurs des grandes entreprises comme OpenAI lancent en parallèle des runs expérimentaux (souvent sur des variantes plus petites du modèle) pour tester de nouveaux réglages (différentes architectures, hyperparamètres, programmes d’apprentissage, etc.)[101]. Le coût de ces étapes d'optimisation des hyperparamètres est très difficile à estimer.

Inférence

L'inférence correspond à l'exécution du modèle pour chaque requête d'un utilisateur (générer une réponse, traduire un texte, etc.). Cette consommation est difficile à quantifier précisément car elle dépend notamment du matériel utilisé, des paramètres d'exécution[102] et des systèmes de refroidissement. Par exemple Özcan et al. (2024) montrent que pour un même modèle et une charge de travail fixe, la manière de répartir le calcul sur quatre processeurs graphiques (GPUs) peut faire varier significativement la consommation énergétique totale[103].

Des recherches récentes tentent de contourner ce problème en développant des cadres de mesure indirects. Une étude a analysé la performance de l'API de GPT-4o pour estimer son empreinte par requête dans un centre de données de Microsoft Azure. Selon cette étude, une requête courte (environ 400 mots échangés) consommerait en moyenne 0,42 Wh, soit environ 40 % de plus qu'une recherche Google (estimée à 0,30 Wh)[104]. Le problème énergétique apparaît plus saillant si on parle de consommation moyenne d’un utilisateur, un article de IEEE Spectrum estime que la moyenne par utilisateur serait de 8,5 Wh/jour, qu’il faut rapporter à des milliards de requêtes quotidiennes[105].

En outre, selon une estimation de 2023, ChatGPT consomme environ 500 ml d'eau pour répondre à 20 à 50 questions[106].

Abonnements payants

Afin de financer les coûts d'exploitation de ChatGPT, OpenAI propose depuis le un abonnement payant ChatGPT Plus. Celui-ci coûte 20 dollars des États-Unis par mois, plus les taxes applicables.

Cet abonnement permet d’utiliser le modèle de langage GPT-4, offre un accès continu à ChatGPT (y compris lorsque les serveurs sont surchargés), et permet d'obtenir des réponses plus rapides qu'avec la version gratuite[107]. Avec cet abonnement, le nombre de requêtes à GPT-4 est limité à 50 toutes les trois heures[108]. Les abonnés disposent également d'un accès prioritaire aux nouvelles fonctionnalités et améliorations de ChatGPT[109]. D’abord lancé aux États-Unis, ChatGPT Plus est rendu disponible le [110] aux utilisateurs issus d'autres régions du monde[95],[111].

En , ChatGPT est devenu disponible via une interface de programmation destinée en particulier aux développeurs informatiques pour des requêtes automatisées. D'autres versions de GPT-3.5 y étaient déjà disponibles, mais étaient dix fois plus chères[112].

En , OpenAI ajoute la prise en charge des greffons pour ChatGPT Plus[113]. Cela inclut à la fois les greffons créés par OpenAI, tels que la navigation sur le web et l'interprétation de code, ainsi que des greffons externes provenant de développeurs tels que Expedia, OpenTable, Zapier, Shopify, Slack, et Wolfram[114],[115].

En , OpenAI crée un greffon nommé « Code interpreter » accessible aux utilisateurs de ChatGPT Plus. L'interpréteur fournit diverses capacités supplémentaires, dont l'analyse, le nettoyage et la visualisation de données, l'analyse de musiques et la création de clips animés[116].

En , OpenAI annonce la sortie de « ChatGPT Enterprise », un abonnement à ChatGPT pour les entreprises qui offre plus de sécurité des données, ainsi que des capacités d'administration et de personnalisation des connaissances de ChatGPT. La génération de texte avec GPT-4 via cet abonnement est décrite comme plus rapide, illimitée, et avec une fenêtre de contexte plus grande[117].

En , OpenAI annonce que ChatGPT « peut maintenant voir, entendre et parler ». Les utilisateurs de ChatGPT Plus peuvent télécharger des images, et les utilisateurs de l'application mobile peuvent parler avec ChatGPT[118],[119].

En , le dernier modèle de génération d'images DALL-E 3 a été intégré à ChatGPT Plus et ChatGPT Entreprise. À partir de la requête de l'utilisateur, ChatGPT crée une description de l'image souhaitée qui est envoyée à DALL-E 3 pour la génération de l'image[120].

En , OpenAI lance GPT-4 Turbo, qui a notamment une fenêtre de contexte bien plus grande[121].

En , OpenAI annonce GPT-4o, un modèle capable d'analyser du texte, du son et des images, et de générer en temps réel du texte, du son et des images. GPT-4o est également deux fois plus rapide et deux fois moins cher que GPT-4 Turbo. Le modèle est gratuit, mais les abonnés ont une limite d'utilisation plus élevée, notamment 5 fois plus élevée avec l'abonnement ChatGPT Plus[122].

En , OpenAI annonce que ChatGPT a 11 millions d'utilisateurs mensuels payants[123], générant environ 225 millions de dollars de chiffre d'affaires mensuel pour OpenAI.

En , OpenAI sort un abonnement ChatGPT pro à 200 dollars par mois qui inclut un accès illimité à o1 et au mode vocal avancé. Le plan comprend également une version pro de o1 qui utilise davantage de ressources informatiques pour fournir de meilleures réponses[124].

GPT Store

En , OpenAI lance le « GPT Store », qui permet de créer et de partager des agents conversationnels personnalisés[125],[126]. La société prévoyait initialement de lancer le magasin en , mais cela a été retardé[127]. Au lancement, le GPT Store propose plus de 3 millions de chatbots personnalisés[128]. Les chatbots disponibles via le magasin sont développés en utilisant le système GPT Builder d'OpenAI[127]. Le développement de chatbots sur la plateforme ne nécessite pas de compétences en programmation[129]. Deux jours après son lancement, le GPT Store offre de nombreuses versions de bots de type «petite amie virtuelle», ce qui est contraire aux conditions d'utilisation d'OpenAI[130].

Autres sources de financement

Pour l'expert en marketing numérique Tim Peter, le financement de ChatGPT pourrait par ailleurs venir du partenariat entre OpenAI et Microsoft. En effet, contrairement à Google qui tire ses revenus essentiellement de la publicité, Microsoft pourrait subventionner ChatGPT grâce à ses autres activités comme la vente de matériel et de logiciels[131].

En 2026, OpenAI a annoncé l’introduction de formats publicitaires dans l’interface de ChatGPT afin de diversifier ses sources de revenus et de financer l’accès gratuit à l’outil, avec des annonces clairement identifiées dans les réponses ou sections correspondantes[132].

Réception

Lors de son lancement le [133], ChatGPT est accueilli de manière globalement positive.

Ses réponses articulées et sa capacité à traduire des textes sont particulièrement remarquées[15]. La journaliste Samantha Lock du Guardian note ainsi que le prototype est capable de rédiger des textes « remarquablement détaillés » et « semblables à ceux d'un être humain »[134]. Son confrère Benjamin Hue de RTL loue sa capacité à rédiger un texte sur « tous les sujets possibles et imaginables », qu'il s'agisse d'une recette de cuisine, d'une dissertation, d'une lettre de motivation ou encore d'inventer une histoire pour enfants. Il note également que ChatGPT est capable de répondre à des demandes plus pointues comme le débogage de code informatique[135]. James Vincent, de The Verge, voit dans le succès viral de ChatGPT la preuve que l'intelligence artificielle est devenue incontournable[136]. De son côté, Alex Kantrowitz, de Slate, salue la manière dont ChatGPT réagit aux questions relatives à l'Allemagne nazie, notamment l'affirmation selon laquelle Adolf Hitler a construit des autoroutes en Allemagne, ce qui a engendré des informations sur l'utilisation du travail forcé par l'Allemagne nazie[137]. Dans un article d'opinion de , l'économiste Paul Krugman estime que ChatGPT aura un impact sur la demande de travailleurs de la connaissance[138].

Dan Gillmor, journaliste spécialiste des nouvelles technologies, a testé ChatGPT dans le cadre d'un travail d'étudiant, jugeant le texte produit comparable à celui d'un bon étudiant. Il en déduit que « le monde universitaire a de très sérieux problèmes à affronter »[139]. Cette position est partagée par Jonathan Durand Folco qui montre, à la suite d'une lettre d'opinion de 600 mots rédigée par cet outil, que « l'ensemble des écoles primaires et secondaires, des cégep et des communautés universitaires » est appelé à modifier en profondeur ses outils d'évaluation[140]. Daniel Herman, professeur de lycée et auteur californien, écrit que ChatGPT marquera la « fin de l'anglais au lycée »[141].

Dans l'enseignement

ChatGPT inquiète de nombreux enseignants car il est capable d'effectuer convenablement de nombreux exercices demandés aux élèves et aux étudiants, qui peuvent l'utiliser pour rédiger les devoirs à leur place. En effet, s'il est possible pour les professeurs d'identifier dans les devoirs les contenus copiés-collés à partir d'Internet, le nouveau type de plagiat issu de ChatGPT est plus difficilement détectable car le contenu fourni diffère d'un utilisateur à l'autre[142],[143].

À Lyon, 50 % des élèves d'un cours de faculté auraient ainsi utilisé l'intelligence artificielle pour rédiger leur devoir. N'ayant pas de cadre pour interdire cette pratique, l'enseignant s'est vu contraint d'attribuer la moyenne à toutes ces copies[144],[145].

Pour résoudre ce problème et aider les enseignants à identifier les plagiats, sans ralentir le développement de sa technologie, OpenAI a annoncé, en , travailler à l'apposition d'une signature (watermark) sur les contenus générés par son IA afin qu'ils soient identifiables par les enseignants. Néanmoins, cette méthode pourrait être facile à contourner, selon Srini Devadas, professeur en sciences de l'informatique au MIT[142],[146],[147]. En , The Wall Street Journal rapporte que l'outil était prêt depuis un an et permettait de reconnaître 99,9% du temps le texte entièrement généré par ChatGPT, mais qu'il n'a pas été intégré à ChatGPT, en partie par crainte de perdre des utilisateurs[148].

Les outils permettant de détecter l'utilisation d'outil de génération de texte, comme GPTZero, donnent des résultats mitigés[149]. Les productions de ChatGPT restent relativement reconnaissables parce qu'il use généralement de terme impersonnels, évite les mots rares, et ne commet pas d'erreurs d'orthographe[66].

En facilitant la tricherie, ChatGPT suscite des interrogations sur la pertinence des devoirs non surveillés et des évaluations en ligne. Certains professeurs suggèrent de confronter les énoncés au robot avant de les communiquer aux élèves pour s'assurer que ChatGPT ne soit pas capable de les traiter correctement et ainsi obliger les élèves à réfléchir par eux-mêmes[150].

Par ailleurs, certains enseignants utilisent eux-mêmes l'outil pour concevoir des exercices, notamment des QCM. Une poignée d'entre eux l'utilise également en classe, afin d'apprendre aux élèves à l'utiliser judicieusement et à cerner ses limites[151]. Dans un article d'opinion de , l'essayiste Vincent Cespedes voit justement en ChatGPT une chance de révolutionner l'École, « à condition d’apprendre à s’en servir correctement, c’est-à-dire en créant au lieu de copier-coller, en tâtonnant au lieu d’ânonner, en expérimentant au lieu de consommer »[152].

Critiques

Erreurs factuelles

L'exactitude de certaines réponses de ChatGPT a cependant été remise en question[15].

ChatGPT peut inventer des réponses et citer de fausses sources, un phénomène connu sous le terme d’hallucination[153]. L'analyste des données Teresa Kubacka, qui a testé ChatGPT 3.5 en sur le multiferroïsme, indique que ce dernier lui a fourni de fausses citations de chercheurs, qui semblaient « avoir été assemblées comme un mélange à partir de quelques citations réelles, différentes mais similaires »[5]. Selon elle, il est également possible de tromper l'IA en inventant des concepts imaginaires : « J'ai décidé de demander à ChatGPT quelque chose qui n'existait pas : un électromagnon inversé cycloïdal. […] Et bien le chatbot l'a inventé, assurant même que la question a fait l'objet de nombreuses recherches ces dernières années »[5].

Les résultats de ChatGPT varient en fonction du sujet. ChatGPT-4 s'est montré capable d'obtenir le diplôme de médecin aux États-Unis[154]. Mais, testé sur d'anciens examens du Barreau du Québec, il a obtenu un score de seulement 12%[155]. Sam Altman, le PDG d'OpenAI, admet que l'application fait encore des erreurs sur des sujets importants et que les retours des utilisateurs sont nécessaires pour corriger ces erreurs[156]. En 2026, une étude révèle des failles de ChatGPT pour l'autodiagnostic médical[157].

Filtrage et conditions de travail d'employés

Une enquête de l’hebdomadaire Time publiée le dévoile qu’OpenAI alimente son IA ChatGPT d’exemples signalés de discours de haine et de violences sexuelles, afin qu’elle sache détecter ces formes de toxicité et ne les laisse pas passer[158].

Pour ce faire, OpenAI a fait appel à Sama (en), une entreprise qui a son siège à San Francisco mais qui emploie des travailleurs au Kenya. Ceux ci ont dû lire des textes pouvant être sexistes ou racistes, et décrivant parfois des automutilations, incestes ou contenus pédopornographiques. Le but était de les classer selon leur type (racisme, violence, etc.) pour pouvoir ensuite entraîner une IA à les repérer. Sur une journée de neuf heures, les travailleurs ont ainsi dû lire entre 150 et 250 textes faisant chacun de 100 à 1 000 mots, et y signaler les passages sensibles, et n'étaient pour cela payés par Sama qu'entre 1,32 et 2 dollars de l’heure[159].

Usages et détournements malveillants

ChatGPT a, dès son lancement, suscité des craintes puis des confirmations de détournement possible à des fins malveillantes.

ChatGPT pourrait aider à créer des quantités de messages manipulateurs ou perturbateurs et à amplifier le phénomène des « usines à troll », ainsi que l'action de lobbyistes ou d'entités industrielles ou politico-financières malveillantes. Cela a conduit l'économiste Tyler Cowen à alerter en sur de possibles effets délétères pour la démocratie, citant comme exemple la capacité d'une personne à écrire des commentaires automatisés dans le but d'influencer le processus de décision de nouvelles réglementations[160].

Le modèle préoccupe par sa capacité à générer des textes potentiellement dangereux, comme des discours de haine ou des théories du complot[161]. L'entreprise NewsGuard, spécialisée dans la lutte contre les fausses informations, a testé sur 100 requêtes la capacité de ChatGPT à générer de la désinformation lorsqu'il est incité par l'utilisateur à le faire. Les requêtes couvraient des sujets tels que la Covid-19 ou le conflit en Ukraine. Newsguard indique que, dans 80 % des cas avec ChatGPT 3.5 et dans 100% des cas avec ChatGPT 4, le chatbot se prête à l'exercice, fournissant des narrations trompeuses et éloquentes[162].

Le chercheur en sécurité Ax Sharma de Bleeping Computer note fin 2022 que ChatGPT peut écrire des logiciels malveillants et des courriers électroniques d'hameçonnage[163]. Autre chercheur en sécurité, Aaron Mulgrew de Forcepoint montre en qu'il est possible de tromper la vigilance de ChatGPT et de le forcer, grâce à quelques astuces, à générer un malware indétectable destiné à exfiltrer des fichiers Word ou PDF sous forme d'images en utilisant la stéganographie[164].

En , ces inquiétudes sont confirmées dans un billet de blog par Check Point Research, une société spécialisée dans la cybersécurité : ChatGPT est déjà utilisé par des cybercriminels pour concevoir des logiciels malveillants[165]. L'historique des discussions d'un forum fréquenté par les cybercriminels semble montrer que des pirates ont créé, grâce au bot de ChatGPT, un logiciel capable de voler certains types de fichiers sur une machine sous Windows, ainsi qu'un logiciel capable de produire de faux contenus (e-books, formations, etc.) sur le Web[166].

Problèmes de droit d'auteur

Manquement au droit d'auteur

Plusieurs chercheurs émettent des réserves quant aux manquements au droit d'auteur, car l'IA de ChatGPT a été entraînée en utilisant un très grand nombre de textes en ligne[57],[167] (dont le corpus de Wikipédia)[15], précise Laure Soulier (maîtresse de conférences à Sorbonne Université au sein de l'équipe Machine Learning and Information Access). Or, Wikipédia est réutilisable et modifiable par tous, mais à condition que le produit final cite Wikipédia comme source placée sous licence ouverte de type CC-BY-SA.

Pour Thierry Poibeau, directeur de recherche au CNRS, les créateurs de l'IA « ont indexé tout ce qui était disponible sur le Web jusqu'en 2021. Même s'il y a des copyrights, ils s'assoient dessus »[57].

Pour le mathématicien et vidéaste Web français Lê Nguyên Hoang, il est probable qu'une grande partie du contenu utilisé pour générer des discussions vienne des réseaux sociaux. « Ça vient très probablement des réseaux sociaux LinkedIn, GitHub, Reddit, Twitter, où les données sont facilement téléchargeables », explique-t-il[57].

Pour la journaliste Alexandra Tauziac du journal Sud-Ouest, le fait que ChatGPT ait été entraîné avec des sources probablement soumises aux droits d’auteur, sans que ces dernières soient mentionnées dans les réponses du robot, risque en tout cas de poser un problème juridique[167]. En , une recherche menée par Patronus AI comparant les performances des LLM (dont GPT) sur un test de 100 questions leur demandait de compléter des phrases tirées de livres soumis à des droits d'auteur aux États-Unis ; l’étude montre que GPT-4, et d’autres outils d’IA générative ne refusent pas de le faire, GPT-4 a fourni des phrases correspondant mot pour mot au livre dans 44 % des cas, ce qui pose des problèmes de respect des droits d’auteurs[168].

L’utilisation de textes protégés par le droit d'auteur a rapidement fait l'objet de procès. OpenAI estime pour sa part que les données soumises au droit d'auteur sont essentielles à l'entraînement d'une IA comme ChatGPT, et invoque aux États-Unis la notion de Fair use pour justifier cette utilisation[169].

Bénéfice du droit d'auteur sur les œuvres produites

En principe, pour pouvoir bénéficier du droit d'auteur aux États-Unis ou en Europe, il faut pouvoir montrer que l'humain a participé de manière créative[170].

Le droit d'auteurs ne s'applique qu'aux humains, et ChatGPT ne peut donc pas en être le bénéficiaire. Une œuvre purement générée par ChatGPT (ou une image générée par DALL-E 3) n'est en général pas protégée par le droit d'auteur et est donc dans le domaine public (du moins si elle ne plagie pas une œuvre existante protégée par le droit d'auteur). Aux États-Unis, la requête de l'utilisateur à elle seule ne semble pas pouvoir justifier un droit d'auteur de l'utilisateur sur les réponses de ChatGPT[170]. Globalement, les législations relatives au droit d'auteur sur les contenus générés par l'IA sont susceptibles d'évoluer[171],[172].

Risques de suppression d'emplois

En , l'économiste Daniel Susskind (auteur de Un Monde sans travail), invité par France Culture, note que ChatGPT « prend en charge des tâches que l'on pensait réservées aux humains » notamment des « tâches qui nécessitent de la créativité, ou du jugement […] Il faut le voir comme faisant partie d'une tendance beaucoup plus importante : la technologie prend en charge de plus en plus de tâches que nous pensions réservées aux humains[15]. ChatGPT n'en est qu'un exemple. » Selon lui, jusqu'alors les progrès technologiques qui ont supprimé des emplois en ont créé d'autres, mais « cette fois-ci, les choses peuvent être différentes : nos systèmes et nos machines deviennent incroyablement capables, prennent des tâches et activités que nous ne pensions possibles que par des esprits humains experts. [Au point] de raréfier considérablement le travail »[15].

En , les créateurs de ChatGPT publient une liste de 34 métiers, principalement manuels, qui ne possèdent pas de composantes à ce jour susceptibles d'être remplacées par l’IA (non reliée à un robot)[173],[174].

Sur les marchés financiers

La société de technologie d'IA c3.ai a vu le cours de son action augmenter de 28 % après avoir annoncé l'intégration de ChatGPT dans sa boîte à outils[175]. Le cours de l'action de Buzzfeed, une société de médias numériques sans rapport avec l'IA, a augmenté de 120 % après avoir annoncé l'adoption de la technologie OpenAI pour la création de contenu[176]. Reuters a constaté que les prix des actions des entreprises liées à l'IA BigBear.ai et SoundHound AI ont augmenté respectivement de 21 % et 40 %, même si elles n'avaient pas de lien direct avec ChatGPT[177]. Ils ont attribué cette montée en puissance au rôle de ChatGPT dans la mode de l'intelligence artificielle à Wall Street. Une recherche universitaire publiée dans Finance Research Letters a révélé que l' « effet ChatGPT » a incité les investisseurs particuliers à faire grimper les prix des actifs de crypto-monnaies liées à l'IA malgré le fait que le marché plus large des crypto-monnaies soit à la baisse, et que l'intérêt des investisseurs institutionnels ait diminué[178]. Cela confirme les conclusions anecdotiques de Bloomberg selon lesquelles, en réponse au lancement de ChatGPT, les investisseurs en crypto-monnaies ont montré une préférence pour les crypto-actifs liés à l'IA[179]. Une expérience menée par finder.com a révélé que ChatGPT pouvait surpasser les gestionnaires de fonds populaires en sélectionnant des actions sur la base de critères tels que l'historique de croissance et les niveaux d'endettement, ce qui a entraîné une augmentation de 4,9 % d'un compte hypothétique de 38 actions, surpassant 10 fonds d'investissement de référence avec une perte moyenne de 0,8 %[180].

Confiance dans cette IA

Au regard des Lignes directrices en matière d'éthique pour une IA digne de confiance de la Commission européenne[181], ChatGPT déroge à beaucoup des 23 critères caractérisant une IA digne de confiance. ChatGPT peut par exemple manquer de précision et de fiabilité, voire désinformer ou affabuler[182].

L'utilisation de ChatGPT peut représenter un risque de fuite de données. Par défaut, les données partagées avec ChatGPT peuvent en effet être utilisées plus tard pour son entraînement, et peuvent donc ainsi être compromises si ce sont des données sensibles (sauf avec la version ChatGPT Enterprise, ou si l'historique des conversations est désactivé)[183]. Par ailleurs, en , un bogue informatique lié au site internet avait valu pendant plusieurs heures à des données personnelles d'utilisateurs d'être exposées à d'autres utilisateurs[184]. Il est aussi arrivé que de faux sites ou logiciels malveillants imitent ChatGPT afin de voler les données de connexion des utilisateurs[185].

Les réponses de ChatGPT sont conçues pour être partiellement aléatoires afin d'être plus créatives[186], ce qui peut poser un problème de reproductibilité. En , OpenAI annonce ajouter un paramètre seed (« graîne ») à son API, permettant aux développeurs informatiques de fixer la valeur de cet aléa et d'ainsi obtenir des résultats reproductibles[187].

Il ne respecte pas l'accès aux données privées ni n'en assure l'intégrité et n'est donc pas conforme au RGPD (cf. #Problèmes de droit d'auteur)[188].

Enfin, le risque d'accoutumance, de confusion, d'attachement, de manipulation et donc d'atteinte possible à l'autonomie de ses utilisateurs est souligné[source insuffisante], à l'instar de la fiction Her, des expériences amoureuses vécues par des utilisateurs de Replika[189], construit sur GPT-3, ou de cérémonies funéraires organisées par les possesseurs de chiens robots Sony Aibo[190].

Biais

Les mesures prises par OpenAI afin de vérifier en continu la qualité de ses résultats ne sont pas établies. Même si ChatGPT peut sembler être assez neutre sur la question du sexisme[191], certains biais subsistent[192]. ChatGPT lui-même réfute ou minimise parfois ces biais[193].

Par exemple, des chercheurs ayant testé ChatGPT sur la rédaction de lettres de recommandation ont observé une tendance potentiellement préjudiciable à utiliser davantage des termes relatifs à l'expertise et à l'intégrité pour les hommes, et des termes relatifs à la beauté et au caractère chaleureux pour les femmes[62]. Des recherches suggèrent aussi que ChatGPT a un penchant politique en faveur de la gauche progressiste[63].

Contamination par d'autres IA

GPT-5.2 a ajouté à ses sources d’information l’encyclopédie anti-woke Grokipedia d’Elon Musk, elle-même alimentée par son IA controversée Grok[39],[40],[41]. En plus de propager un discours très conservateur sur des sujets politique et sociétaux, cette intégration pose un problème d’intoxication de l’IA par l’IA[40].

Consommation d'énergie et empreinte carbone

Selon l’institut de recherche Epoch AI, la consommation d’énergie d’une requête typique sur ChatGPT (0,3 wattheures) est faible par rapport à la consommation d’électricité d’un ménage moyen par minute (près de 20 wattheures). Cependant, les requêtes comportant des entrées longues peuvent être nettement plus énergivores (2,5 wattheures pour une requête d’environ 7 500 mots)[194].

ChatGPT s'attire des critiques en raison de sa forte consommation en électricité et en eau nécessaire pour refroidir les serveurs, durant son entraînement et durant l'utilisation proprement dite. L'entreprise OpenAI ne fournit aucune information sur la consommation du programme dans ces deux domaines ni sur la localisation de ses serveurs ; elle n'indique pas non plus combien de modèles fonctionnent en parallèle pour répondre aux requêtes (plus il y en a, plus la consommation est élevée) ; elle ne fournit pas non plus d'informations sur les processus de fabrication des composants électroniques utilisés[195].

Un article de recherche de l'université de Californie paru fin 2023 estime que l'entraînement de GPT-3 a consommé 1 287 MWh d’électricité, et généré 552 tonnes d’équivalent CO2, soit l'équivalent de plus de 205 vols aller-retour entre Paris et New York. L'article fournit une approximation selon laquelle l'utilisation quotidienne de ChatGPT 3 créait 23,04 kg de CO2 par jour – c’est-à-dire 8,4 t CO2 par an, ce qui équivaut à environ six ans de chauffage électrique pour une maison de 100 m2 en France[196],[195]. Une requête effectuée sur ChatGPT consommerait cinq[197] à dix fois plus d’électricité qu’une recherche classique sur le Web[198]. En 2023, des chercheurs ont estimé que la génération de 10 à 50 réponses de longueur moyenne par GPT-3 (lancé par OpenAI en 2020) nécessite environ un demi-litre d’eau douce[199]. En , le dirigeant d’OpenAI, Sam Altman, a déclaré qu’une requête moyenne sur ChatGPT consommait environ 0,34 Wh (1,2 kJ) d’électricité et 0,32 ml d’eau[200].

Cas d’un adolescent américain : accusations d’incitation au suicide

En , des parents américains ont déposé une plainte contre OpenAI devant la cour supérieure de l’État de Californie, accusant ChatGPT d’avoir encouragé leur fils adolescent à se suicider. Selon la plainte, l’intelligence artificielle aurait contribué à l’isolement de l’adolescent et lui aurait fourni des conseils sur les méthodes pour mettre fin à ses jours. Ce cas a relancé le débat sur les risques psychologiques liés à l’utilisation des agents conversationnels, notamment chez les publics vulnérables, et a soulevé des questions sur la responsabilité des entreprises développant ces technologies face à leur impact sur la santé mentale des utilisateurs[201].

Impact sur Wikipédia

En 2025, la Fondation Wikimedia a documenté et commenté l'interaction croissante entre les résumés produits par des systèmes d'IA (comme ChatGPT) et la fréquentation des pages de Wikipédia. Des études et rapports internes ont signalé que certains formats de contenu et certains sujets ont vu une variation de leur lectorat liée aux usages d'outils d'IA fournissant des réponses « zero-click », tandis que Wikipédia restait une source de référence pour des sujets détaillés et vérifiables. Des analyses de la communauté et du Wikipedia Signpost[202] ont par ailleurs discuté des méthodologies employées pour distinguer trafic humain et trafic automatisé, et des conséquences pour la mesure d'audience[203].

Appel à la résiliation

Afin de s'opposer au soutien financier de 25 millions de dollars apporté à Donald Trump par le président d’OpenAI Greg Brockman (en) et sa femme, une initiative baptisée QuitGTP est lancée sur Reddit et incite les usagers de ChatGPT à résilier leur abonnement. Le but est également d'entraver le travail de l’agence américaine de contrôle de l’immigration (ICE), qui utilise un outil alimenté par GPT-4 pour recruter ses membres[204].

En , le Pentagone et l'administration de Donald Trump ont rejeté Anthropic, un concurrent d'OpenAI qui a refusé d'autoriser l'utilisation de son modèle Claude pour la surveillance domestique de masse et les armes complètement autonomes. Peu de temps après, OpenAI a annoncé un accord avec le Pentagone. Sam Altman affirme que son accord inclut des restrictions similaires[205], mais le sujet est débattu et le mouvement de contestation a pris de l'ampleur[206],[207].

Interdictions

États-Unis

En , les services de la ville de New York interdisent l'accès à ChatGPT sur les postes informatiques des écoles publiques de la ville. Une porte-parole de la ville de New York justifie cette décision en raison de « préoccupations concernant la sécurité et l'exactitude du contenu »[208].

France

En , Sciences Po Paris annonce interdire l'usage de l'outil à ses étudiants sous peine d'exclusion, puis change de position en autorisant ChatGPT tant qu'il figure dans les sources des travaux produits[209].

À Montpellier, la municipalité a décidé d'interdire à ses employés l'utilisation de ChatGPT au travail par mesure de précaution et en attendant que plus d'études soient faites sur l'intelligence artificielle. Une inquiétude concernant le traitement des données a notamment motivé cette décision[210].

Italie

Fin , l'autorité italienne de protection des données personnelles (GDPD (it)) demande à OpenAI de ne plus traiter les données des italiens. Motivée par « l’absence d’une note d’information aux utilisateurs dont les données sont récoltées », elle ne considère pas comme justifiés « le recueil et la conservation en masse des données personnelles, dans le but d’entraîner les algorithmes faisant fonctionner la plateforme ». Elle lui reproche également de ne pas respecter le Règlement général sur la protection des données européen (RGPD) concernant la collecte des informations et l’accuse de ne pas demander l'âge des utilisateurs de ChatGPT. L'entreprise affirme en effet dans sa FAQ récolter notamment les noms, coordonnées, lieux de résidence et informations de cartes de paiement de ses utilisateurs[211].

Le [211],[212], ChatGPT est interdit sur le territoire italien et l'autorité italienne de protection des données personnelles donne à OpenAI un délai de 20 jours pour se mettre en conformité avec le RGPD, faute de quoi elle s'expose à une amende de 40 millions d'euros ou de 4 % du chiffre d'affaires de l'entreprise[212]. C'est la première interdiction de l'intelligence artificielle par un pays européen. Cette interdiction est levée le après qu'OpenAI a rendu certaines informations plus visibles sur la version de son engin disponible en Italie[213].

Autres

En , le site Web de questions-réponses Stack Overflow interdit l'utilisation de ChatGPT pour apporter des réponses à des questions, en raison de la nature ambiguë des réponses de ChatGPT[214].

Notes et références

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Voir aussi

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Bibliographie

Article
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Articles connexes

Liens externes

Source Wikipédia (CC BY-SA 4.0) : https://fr.wikipedia.org/wiki/ChatGPT
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